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Abdelrahim Ali aux « gouvernements occidentaux » lors d'un petit-déjeuner à Paris: Feindre ignorer le terrorisme c’est jouer avec le feu

jeudi 25/octobre/2018 - 03:27
La Reference
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Le journaliste avertit contre les vagues d'extrémisme qui balayeront l'Europe à moins qu’elle ne révise sa politique

Rappelez-vous: les attentats du 11 septembre étaient la conséquence naturelle du soutien de Washington aux moudjahidines afghans

Le Vieux Continent n’est « pas sérieux » dans l’éradication de Daech au Moyen-Orient par crainte du risque des revenants

Aucune différence entre les groupes islamistes extrémistes: ils veulent tous la création du califat et tous croient en l’exclusion de l’autre

Pourquoi laissez-vous les Frères musulmans travailler librement en Europe? Pourquoi laissez-vous le Qatar les financer en milliards de dollars pour étendre leur programme d'exclusion?

L'épouvantail des droits de l'Homme ne doit pas être brandi face aux régimes qui luttent contre le cancer de l'extrémisme sur leur sol

 

Le député égyptien, Abdelrahim Ali, président du Centre des Etudes du Moyen-Orient à Paris (CEMO)  a lancé un vibrant avertissement contre le soutien européen à la confrérie des Frères musulmans sous prétexte d’« ouverture des horizons de coexistence ».

« Comment est-il possible de vivre avec des personnes qui adoptent une idéologie extrémiste et rejettent l’autre, en confisquant le droit de celui-ci à la vie, s'est demandé le Dr Alir en avertissant contre le soutien de l’Europe aux Frères musulmans. "La différence entre ces derniers et Daech réside dans le timing. Daech met en pratique ses idées actuellement sur le terrain, tandis que les Frères musulmans attendent le moment propice d’autonomisation pour mettre en œuvre les leurs, ce qui est, d’ailleurs, le cœur de leur foi."

Ces propos ont été donnés par le député égyptien lors d'un petit-déjeuner organisé à l'hôtel Prince de Galles à Paris par le CEMO, auquel ont participé un groupe d'experts, d’hommes politiques, de responsables du renseignement et de journalistes, pour parler de la nécessité d'une confrontation globale et d'une coopération internationale face au terrorisme.

La vie politique et culturelle parisienne se caractérise par le phénomène du petit-déjeuner, organisé par des instituts scientifiques, des centres de prise de décision et des hommes d'affaires internationaux. Il s'agit du premier petit-déjeuner organisé par le CEMO dans la capitale française, Paris.

Le gros problème est que les décideurs occidentaux et l'opinion publique occidentale ont pris conscience du danger de l'organisation internationale des Frères musulmans dans la société occidentale, a indiqué Abdelrahim Ali. Et d'ajouter que ladite confrérie, qui gère plus de 500 organisations dont 250 en France, dispose également de capacités financières énormes, estimées par certains experts financiers à 20 milliards de dollars, dont trois dans l’Hexagone.

Tous ces biens proviennent de l'abattage "halal" et de dons pour la construction de mosquées, en plus des dons secrets, provenant par valises diplomatiques des pays tels que le Qatar et la Turquie. Ces fonds sont destinés à la formation et à l’enrôlement de migrants.

Dr Ali a exhorté, lors de ce rassemblment, les gouvernements européens à revoir leur politique à l'égard des groupes extrémistes, soulignant que tous les groupes islamistes ont des idées identiques, et courent tous après le soi-disant califat et l'exclusion des dissidents, ce qui constitue une grave menace non seulement pour les pays arabes mais aussi pour l'ensemble de l'humanité. « A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler, comment non... c'est impossible », a-t-il dit.

Ali a déclaré que les mouvements islamistes radicaux nourrissaient la haine contre l'humanité et avaient un programme dont ils ne peuvent pas s'en passer. Les expériences ont montré, a-t-il dit, qu’il était « difficile, voire impossible, de le contenir. »

Ali a indiqué que les attentats du 11 septembre 2001 ont prouvé que soutenir le terrorisme ressemblait à "l’élevage de serpents". « Nous avons averti que nulle part dans le monde ne pouvait esquiver ce danger, même s’il arrive qu’un tel  coopère ou s’allie avec lui, tout comme les Etats-Unis qui l’avaient soutenu en Afghanistan de 1979 à 1989", a-t-il déclaré. "L’Europe et les Etats-Unis ont créé- en faveur de ces terroristes- un épouvantail face à la région arabe et ses dirigeants ; mais ils ne s’en sont pas débarrassés à la fin, parce que leur objectif est de diriger le monde. »

Et d’ajouter : "Ces mouvements ne laisseraient pas leurs objectifs quoi qu’il arrive. Car ils savent bien que leur alliance avec l’Occident n’est qu’une tactique temporaire. « Nous avons vu que la magie avait tourné mal contre le magicien à de nombreux carrefours de l’Histoire. L’Union européenne a décidé en avril 2017 que les mois de mars et d’avril 2018 soient ceux de la fin de Daech au Moyen-Orient. Mais diverses orientations de la politique, des services de sécurité et de renseignements et des intérêts publics se sont chevauchées pour faire négliger ces dates ultimes, tout simplement parce qu’il y a certaines forces qui veulent étendre l'existence de Daech dans la région, par crainte du danger des revenants.

« Le soutien que reçoit Daech est bien clair et évident, parce que, à titre d’exemple, la persistance de la situation en Libye et l’insistance à refuser tout soutien aux forces confrontées à Daech. Et c’est la même chose qui se produit avec l'organisation Ansar Baït al-Maqdis dans le Sinaï, a rappelé le président du CEMO. L’Égypte reste seule face à ceux-là et reçoit même des rapports horribles présentés par les institutions occidentales des droits de l’Homme affirmant que les droits de ces terroristes, qualifiés de "civils", sont violés. Est-ce normal ? !».

« Il existe quelque 30 000 Européens affiliés à Daech et à diverses organisations terroristes au Moyen-Orient, a-t-il déclaré. Les dirigeants politiques et de la sécurité de l'Europe craignent vraiment que ces gens déposent les armes au Moyen-Orient, pour les soulever, ensuite après, en Europe. »

Le député égyptien appelle donc au dialogue avec les décideurs européens, soulignant que les relations occidentales avec des organisations terroristes conduiraient à la formation d'une boule de feu qui détruirait ensemble Orient et Occident.

« Cette approche du terrorisme sera encore exacerbée et aucune société n’en sera exemptée, a-t-il tempêté. "Cette question est essentiellement une question de toute l’Humanité, et non pas seulement une question de sécurité et de politique d'un pays quelconque », s'est-il alarmé.

Il a souligné que la sécurité, les services de renseignements, la coopération politique et humanitaire entre les sociétés humaines dans ce domaine, étaient une nécessité du moment, « sinon nous paierons tous, ainsi que l'Europe, le prix de notre échec de faire face à ce phénomène ».

Ali a également invité les différentes parties au devoir de combattre ce phénomène avec force, faute de quoi « nous ferions face à deux choses plutôt en Europe avant le Moyen-Orient », soulignant qu'il existe certains pays et organisations qui soutiennent le terrorisme que ce soit un soutien à la pensée même ou un soutien aux oragnisations terroristes via leur financement.

« Il faut indiquer clairement que l'Europe tolère les activités de ces pays qui soutiennent le terrorisme et coopère même souvent avec eux, à l’exemple du Qatar et de la Turquie, qui soutiennent financièrement les Frères musulmans en Europe et leur fournissent un soutien médiatique leur permettant de vulgariser leurs idées », a-t-il souligné. « Comment pouvez-vous embrasser quelqu’un qui vous fait du mal, qui vous déshumanise ou qui vous prive du droit à la vie?, s’indigne Dr Abdelarahim Ali, en ajoutant que « ces groupes pensent que le moment était venu pour piétiner ces valeurs européennes. La raison pour laquelle quand nous parlons de ces organisations il faut éradiquer les ambiguïtés de cohabitation de nos dictionnaires. Car il est impossible de vivre ou de chercher un moyen de coexistence avec ceux qui me renient. Ces organisations adoptent des valeurs terroristes, et non pas des vraies valeurs de l'Islam, bien sûr, et d’ailleurs d’aucune des autres religions divines ».

« Pourquoi permettons-nous à ces personnes d'être accueillies, entendues et en leur donnant le droit de promouvoir leurs idées sur le terrain et pourquoi permettons-nous de les aider à recruter les jeunes et à les former aux idées de reniement, du rejet de l'autre et de l’assassinat? », s’indigne le président du CEMO.

Selon Ali, il existe en France des écoles appartenant aux Frères musulmans, qui enseignent aux enfants de cinq ans que le djihad signifie l’assassinat d'un non-musulman. "Comment est-il possible de donner une telle éducation aux enfants à cet âge et à quoi peut-on s’attendre à l’avenir?"

Il a souligné que le droit humain à la vie est soumis au respect de la vie elle-même, au respect des valeurs de la vie et de la valeur de l'âme humaine, mais aussi à l’interdiction de nuire aux valeurs de l'autre, ni de démoraliser ou de dénuder l'âme de son humanisme. Il a ajouté qu'il existait des lignes rouges par rapport à ce traitement en Europe vis-à-vis des pays et organisations soutenant le terrorisme.

Il a ajouté qu'il n’y avait aucune différence entre les Frères musulmans et Daech. "Les deux faisant appel au retour au système califal", indiquant, à cet effet, que le Qatar finançait Daech via les otages en Syrie, les groupes terroristes en Libye et les Frères musulmans, ainsi qu'à travers Qaradawi et bien d'autres qui se trouvent à l’intérieur et à l’extérieur du Qatar."

Il a souligné que la Turquie essaye de faire d’Erdogan un califat des musulmans du monde entier et de créer des forces douces en Europe grâce à l'intégration de citoyens turcs dans les groupes turcs du monde entier.

Ali a appelé les Européens à confronter leurs dirigeants avec ces faits, soulignant qu’il dispose de faits authentiques prouvant l'association des Frères musulmans à ces groupes, sur les plans organisationnel et financier.

Dr Ali a également indiqué qu’il y a une question énigmatique qui se pose au Moyen-Orient et qui reste sans réponse: « Pourquoi l'argent va-t-il au droit de manifestation, de grève et au droit à des élections démocratiques? Tandis qu’il n'est pas destiné à l'éducation afin de donner aux futures générations une éducation moderne pour qu'elles puissent absorber l'idée de la démocratie et de la modernité ? Pourquoi cet argent n’est-il pas orienté au système de santé très négligé au Tiers-Monde? »

Il souligne qu’il y existe une volonté de recycler et de faire produire les valeurs de sous-développement et de régression, et par conséquent cela fait reproduire les groupes terroristes et les idées qui adoptent la violence armée. Sachant que ces groupes ne demeureront pas indéfiniment dans leurs pays, mais ils se trotteront partout dans le monde de sorte qu’aucune partie ne sera épargnée. « Cela exige une véritable coopération face au terrorisme, et non pas seulement au Moyen-Orient », conseille-t-il.

Dr Abdelrahim Ali a souligné la nécessité de considérer cette question comme une question stratégique de base, car « nous y ferons face- tôt ou tard- et elle va finir par nous sauter au visage".

Ali a saisit cette opportunité pour annoncer la tenue d'une conférence à l'Ecole militaire française le 22 novembre en coopération avec ladite Ecole sur le thème « Coopération internationale des services de renseignements et de sécurité contre le terrorisme ». Y serait présentée, une étude sur la confrontation négative du terrorisme de certains de ces services. Preuves évidentes seront étalées sur le soutien présenté par certains de ces services de renseignements aux terroristes et groupes extrémistes. "Tout comme certains de ces services feignent ne pas voir d’autres groupes, en tentant de s’allier à eux. Nous dirons clairement qu’il y a ceux qui contribuent à l'aggravation de ce phénomène", a-t-il martelé.

Dr Abdelrahim Ali a enfin souligné qu'il était temps d’étendre les ponts de communication entre l'Orient et l'Occident après qu’ils sont tombés dans l’oubli et ont disparu. "Il faut également faire propager des valeurs que nous partagions, et que nous devrions continuer à le faire , tout en poursuivant notre lutte ensemble pour créer des valeurs humaines nobles face au terrorisme et à toutes les valeurs perverses. »

 

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