Rédacteur en chef
Abdel Rahim Ali
Comité des experts conseillers
Roland Jacquard - Richard Labévière - Atmane Tazaghart - Ian Hamel
ad a b
ad ad ad

Les renseignements au sein des organisations terroristes, l’exemple de Daech et d’Al-Qaïda

samedi 03/novembre/2018 - 04:21
La Reference
طباعة

Ali Abdel Aal

Il ne fait aucun doute que les organisations terroristes utilisent tous les moyens dont elles disposent pour renforcer leurs capacités. Ces organisations accordent un grand intérêt aux renseignements, et en font l’un des fondements de leur travail. Ainsi, les guerres d’Al-Qaïda et des autres organisations terroristes ne sont plus basées uniquement sur l’affrontement directe sur le champ de bataille, mais aussi sur les renseignements et la collecte de l’information.

Cet intérêt pour les renseignements s’explique en premier lieu par le souci de ces organisations d’assurer leur sécurité, et leur besoin de connaitre les plans des forces qu’elles combattent, afin de pouvoir y implanter des agents ou des espions, si possible.

Il n’y a pas un seul appareil de renseignement dans le monde arabe et en Occident qui ne cherche pas infiltrer ces organisations qui opèrent dans de nombreux pays du monde, que ce soit en y implantant des agents et des espions, ou en utilisant les méthodes techniques traditionnelles. Il en va de même pour les organisations terroristes, surtout Al-Qaïda, qui dispose de plusieurs agents dans les grandes institutions sécuritaires comme la CIA et le FBI.

Al-Qaïda s'inspire de la CIA

Beaucoup d’appareils de sécurité considèrent Al-Qaïda en Afghanistan et au Pakistan comme supérieure à certaines agences de renseignement, surtout en matière de collecte de l'information et de savoir-faire technologique. L’organisation mère se distingue de ses branches régionales par sa cohésion et le caractère confidentiel de son travail, en dépit d’une certaine faiblesse sur le terrain et des opérations limitées. Bien que ces branches locales opèrent sous le parapluie de l’organisation mère, et possèdent la même configuration administrative, leur travail n’a pas le même degré de confidentialité. Elles se caractérisent par leur anarchie et leur fragilité.

Al-Qaïda a étudié les méthodes de la CIA. Certains de ses dirigeants connaissent ces méthodes depuis l’époque du djihad en Afghanistan contre l’Union soviétique. Les responsables de la sécurité d'Al-Qaïda ont adopté les méthodes de la CIA pour collecter les informations et connaître les points faibles de l'ennemi.

 

Al-Qaïda a également grandement profité de l'interception de certains drones, du piratage informatique, et de l’infiltration de ses éléments au sein des cibles adverses. L’organisation n'hésite pas à recourir aux anciens officiers de renseignement parmi ses militants. Seiffeddine Al-Adl, l’ancien officier égyptien, est l’un des pionniers du travail de renseignement à Al-Qaïda. Il était le chef des opérations au sein de l’organisation centrale.

Le travail d’Al-Qaïda, contrairement à certaines de ses antennes régionales, repose sur sa lecture des plans ennemis, et le fait de tirer le maximum de profit de ses compétences. L’organisation dispose d’un appareil de sécurité interne, chargé de la sécurité de ses combattants. Ils les surveillent et les soumet à un contrôle strict. L'organisation dispose également d’un certain nombre de cadres qui sont responsables de la collecte, l'analyse et l’emploi des informations, ainsi que de la sécurité des personnes.

En raison de la rareté des informations fiables sur le travail de renseignement d'Al-Qaïda, celui-ci ne peut être décrypté qu’à travers les communiqués de l’organisation, ou à travers les détails des opérations et des contre-opérations menées par Al-Qaïda et les forces qui lui sont hostiles, ainsi que leur impact sur le terrain.

L’attentat de Khost et l’agent double

L'attentat suicide de Khost, mené fin janvier 2009 par le médecin jordanien Hamam Al-Balawi, contre le siège de la CIA dans la province de Khost à l’Est de l’Afghanistan, est un exemple du travail de renseignement d'Al-Qaïda, en particulier dans le domaine de l’implantation des agents dans les rangs ennemis.

Cet attentat a provoqué la mort de 7 officiers américains dont le directeur de l’agence, ainsi qu’un officier de liaison jordanien de la famille royale, Sharif Ali bin Zaid. Six autres personnes ont été blessées durant l'attaque.

Hamam Khalil Al-Balawi, connu sous le nom d'Abou Dujana Al-Khorasani, était un agent double et travaillait pour le compte de quatre instances en même temps, à savoir la CIA, les services de renseignements jordaniens, Al-Qaïda et les Talibans pakistanais.

Il avait été arrêté en 2008 par les services de renseignements jordaniens en raison de ses activités dans la promotion de l'idéologie djihadiste, et sa fréquentation des forums djihadistes. Les renseignements jordaniens ont accepté de le libérer à condition qu’il travaille pour eux. Ils l’ont placé dans le Waziristan où il devait travailler avec les Talibans pakistanais. Il devait rencontrer le chef adjoint d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri.

Selon des sources américaines, Hamam A-Balawi a été recruté par les renseignements jordaniens, puis a travaillé comme informateur pour le compte de la CIA, mais il n’a jamais renoncé à son allégeance à Al-Qaïda.

Sa tâche consistait à suivre Ayman Al-Zawahiri. Selon des sources occidentales, Al-Balawi a appelé ses supérieurs de la CIA et les a informés qu’il disposait d’informations importantes sur Zawahiri. Il a demandé une réunion à la base de Chapman à Khost.

« Nous fournissions des informations trompeuses aux services de renseignements jordaniens. Ces derniers les transmettaient à leur tour à la CIA. Cela a duré un an. La CIA a ensuite décidé de faire venir Hammam à Khost pour parler avec lui de certains détails. Il a été donc transféré à Khost », raconte un chef taliban au journal Al-Qods Al-Arabi. Et d’ajouter : « En raison de la confiance dont il bénéficiait auprès des renseignements jordaniens et de la CIA, il n’a pas été fouillé. Il a été transporté vers le centre de commandement par des avions espions américains, ces avions qui visent les dirigeants d’Al-Qaïda et les Talibans au Pakistan ».

Alors que les officiers de la CIA s’apprêtaient à fêter son anniversaire, le 25 décembre, en présence du commandant de la base et de plusieurs hauts responsables des renseignements américains et jordaniens, Hamam Al-Balawi s’est fait exploser. C’est l’une des plus grandes ruses qu’un service secret de la taille de la CIA et des renseignements jordaniens n’ait jamais eu à subir.

Cet attentat à la bombe a été un sérieux revers pour les deux agences de renseignements et a peut-être affecté leurs relations, d’autant plus que la CIA a souvent fait appel aux services secret jordaniens pour suivre les éléments d’Al- Qaïda. L'opération a été qualifiée de la « plus grande déception de l'histoire des agences de renseignement, américaines et jordaniennes ».

L’Egyptien Ali Aboul So’oud

Hamam Al-Balawi n'était pas le seul agent double qu'Al-Qaïda avait implanté au sein de l’un des appareils de sécurité les plus dangereux au monde. L’Egyptien Ali Aboul So’oud Mohamed l’a précédé. Il a essayé de s'infiltrer au sein du Bureau fédéral américain des investigations (FBI) après qu'Al-Qaïda soit parvenu à l’y infiltrer pour travailler comme interprète.

Aboul So’oud était lieutenant-colonel au sein de la division logistique des forces spéciales américaines au centre John F. Kennedy en Caroline du Nord. Après avoir rejoint l’armée américaine, il a gravi les échelons et est devenu responsable de l’apprentissage de la culture arabe et islamique, et ce jusqu'à son départ des forces américaines en 1989.

Selon le FBI, Aboul So’oud, qui est un ancien officier de l'armée égyptienne, a utilisé plusieurs surnoms, noms et identités pour traiter avec Al-Qaïda, notamment Abu Omar.

Après son arrestation et durant son procès, il a reconnu devant le Tribunal fédéral de New York en octobre 2000 avoir planifié les attentats contre les deux ambassades américaines au Kénya et en Tanzanie. Cinq accusations ont été portées contre lui, dont notamment celle de « comploter avec Ben Laden pour tuer des Américains ».

Aboul So’oud a été également accusé de tentative d'infiltration au sein du FBI après avoir postulé pour un travail d’interprète en mai 1993. Le dossier de l'enquête affirme qu’il a fait un faux témoignage aux officiers du FBI en niant avoir entraîné les commanditaires des attentats de New York de 1993, affaire dans laquelle, Omar Abdel-Rahman, le chef de la Gamaa islamique, a été condamné à la prison à vie.

Le dossier de l’accusation fait également état de l'entrée d'Aboul So’oud au Kénya munie d'un faux passeport égyptien le 23 janvier 1994. Sa mission était de surveiller l'ambassade américaine à Nairobi, et il est entré dans les locaux de l'ambassade avec son passeport américain.

En 1992, il a admis avoir formé des militants d'Al-Qaïda en Afghanistan à la fabrication des explosifs. Il leur a appris à créer des cellules secrètes. Il aurait d’ailleurs aidé Ben Laden à établir des cellules au Kénya. Ben Laden l'a envoyé en 1994 à Djibouti pour préparer un rapport sur l'ambassade américaine dans ce pays. Après l'attentat à la bombe contre les deux ambassades américaines, il avait l'intention de se rendre en Egypte puis en Afghanistan pour rencontrer Ben Laden, mais il a été convoqué devant des juges américains à New York et a été arrêté.

 

Les renseignements d'Al-Qaïda

C’est l’égyptien Ibrahim Mohamed Saleh Al-Banna ou Abou Ayman Al-Masri, un ancien dirigeant de l’organisation du Jihad, qui a fondé les services de renseignements d’Al-Qaïda. Oussama ben Laden l’a affilié à l’organisation à ses premiers débuts.

Saleh faisait partie de la génération des anciens combattants d’Afghanistan. Il a tenu compagnie à Abdallah Azzam. Il a notamment été responsable des médias au sein de l’organisation, et a été surnomé la « légende » par Ben Laden en raison de ses multiples capacités.

Au Yémen, Al-Masri était le principal fondateur d’Al-Qaïda dans la péninsule arabe (AQAP), il était responsable de la sécurité. C’est lui qui, à la demande d’Ayman Al-Zawahri, a fondé l'appareil de renseignement de l’organisation. Il a notamment entrainé les éléments d’Al-Qaïda à se camoufler et à se dissimuler. Il était très habile dans la falsification des passeports.

Al-Masri a réussi avec Abu Hamza Al-Muhajir à établir un réseau de relations avec les cheikhs des tribus bédouines du Yémen. Il leur a vendu des armes et s’est servi d’eux pour procurer des abris aux membres de l'organisation. Les terroristes d’Al- Qaïda ont recruté un très grand nombre de militants dans les tribus yéménites.

Al-Masri a beaucoup voyagé entre l’Egypte, le Yémen et l’Afghanistan, falsifiant les documents officiels. Il savait parfaitement se dissimuler et voyageait facilement. Il a ainsi reçu le respect des dirigeants de l’organisation en Afghanistan et ailleurs en tant que responsable de sécurité.

Grâce à ses compétences en matière de contrefaçon, les agents d'Al-Qaïda ont réussi à voyager librement munis de faux papiers.

Son influence s’est étendue jusqu’en Iraq. Il a notamment entrainé Abou Ayoub Al-Masri, le chef d’Al-Qaïda en Iraq, qui a succédé à Abou Moussab Al-Zarqaoui après la mort de ce dernier. Sa responsabilité était de rallier un grand nombre d'égyptiens à Al-Qaïda et de les envoyer dans certains pays après les avoir formés et dotés de faux papiers.

En janvier 2017, le département d'Etat américain a placé Al-Masri et Hamza ben Laden, le fils d'Oussama ben Laden, sur la liste américaine du terrorisme. Les secrétariats d’Etat aux Affaires étrangères et au Trésor, ont affirmé avoir identifié Hamza bin Laden et Ibrahim Al-Banna comme des terroristes internationaux. Ils ont promis 5 millions de dollars à toute personne qui fournit des informations menant à l'arrestation d’Al-Banna.

Ceci s'est produit après une étape antérieure au cours de laquelle Washington avait inclus Ibrahim Al-Banna à sa liste du terrorisme en 2014, en tant qu’élément très dangereux d'Al-Qaïda sur le plan international, ce qui montre que les américains avaient conscience de l'importance de cet homme.

Daech, un travail de renseignement institutionnalisé

Selon un rapport publié par le Washington Times, les listes de recrutement d’Al-Qaïda ne se limitaient pas seulement aux pauvres et à ceux qui venaient de régions éloignées. L’examen attentif de ces listes révèle en effet qu'elles incluaient un très grand nombre de personnes éduquées : des avocats, des ingénieurs, des policiers, des militaires, des techniciens, des ingénieurs informatiques et des professionnels de la technologie de l’information.

Daech est l’une des organisations qui ont le plus recours au travail de renseignement, l’organisation est même connue pour « ses méthodes féroces en matière de renseignement ». Le groupe se distingue des autres par son appareil de renseignement puissant, doté d'une expertise sécuritaire et d'une longue expérience acquise par ses agents.

Le service de renseignement est l’une des unités secrètes qui forment l’organigramme de l’Etat islamique. Cet appareil possède un grand potentiel et il a des agents partout dans le monde. Ces agents ont joué un rôle vital dans les opérations de l’organisation.

L’organisation Etat islamique exerce le travail de renseignement d’une manière institutionnelle. Des combattants ayant une grande expérience militaire forment les militants de l’organisation aux méthodes de renseignement. La naissance de l’organisation revient en grande partie aux efforts de l’ancien colonel de renseignement de l’armée de l’air irakienne, à l’époque de Saddam, Samir Abd Mohamed Al-Khalafawi Surnommé Haji Bakr.

En avril 2015, le magazine allemand Der Spiegel a publié des documents en arabe comprenant des plans illustrant la stratégie de l'organisation pour contrôler certaines parties de Syrie, ceci en adoptant des méthodes de renseignements extrêmement sophistiqués basés en grande partie sur l'espionnage et la surveillance. Der Spiegel affirmait que ces documents appartenaient à Haji Bakr, qui a rejoint l'organisation en 2004 et qui aidé Abou Bakr Al-Baghdadi à se placer au sommet de la pyramide.

Bakr s’est rendu en Syrie en 2012, où il était chargé du pouvoir dans les zones contrôlées par l'organisation jusqu'à son assassinat dans un échange de tir en 2014.

Le plan de Daech consistait à travailler sous couvert de la bibliothèque islamique de la Da'wa, à travers laquelle des espions étaient envoyés dans les villes et les villages du nord de la Syrie en se faisant passer pour des prédicateurs islamiques. Leur mission était de connaître le rapport de forces dans ces régions et de détecter les faiblesses potentielles. Les opérations armées étaient menées par des cellules dormantes spécialement créées pour une confrontation précoce.

Ces documents écrits par Hegi et où étaient indiquées les responsabilités de chacun n’était pas un serment d'allégeance, mais le plan technique très perfectionné d'un Etat régi par une organisation qui s'apparente à un service de renseignement. L'examen de plusieurs centaines de pages de ces documents a révélé que Daech possède bien un appareil de renseignement très complexe et très sophistiqué.

Selon le journal, le plan initial était de créer des services de renseignement parallèles dans les provinces. Le secteur des renseignements généraux était dirigé par un émir, qui supervise ses adjoints dans les différentes provinces. Ces adjoints recevaient des rapports des cellules d’espionnage et des responsables du renseignement dans chaque province. Les adjoints de l’émir recevaient également des rapports du personnel local d'espionnage. Le gouverneur de la province présidait également les formateurs des magistrats chargés de vérifier les informations, tandis que le prince local supervise une section séparée réservée aux agents de sécurité.

Bakr n’était pas le seul ancien militaire au sein de la direction de Daech, il y avait également un grand nombre d'anciens officiers de renseignement, ainsi que des officiers de l’ancienne Garde républicaine dissoute et des anciens commandants de l'armée irakienne.

Parmi eux: Walid Jassim, connu sous le nom d'Abou Ahmad Al-Alwani, ancien chef des services de renseignement de Saddam Hussein, et Fadel Al-Hayali, connu sous le nom de « Musulman Abou Turkam ». Certains pensent qu'il était l'adjoint d'Abou Bakr Al-Baghdadi jusqu'à sa mort lors d'une frappe aérienne en 2015. Il y a également Iyad Hamed Al-Jumaili, ancien officier des services de renseignement de Saddam, surnommé « Abou Yahya » et le « ministre de la guerre ». Al-Jumaili était le coordinateur général des provinces en Irak sur la carte de Daech. Il était en charge des dossiers sécuritaires. Il a supervisé les exécutions commises par l'organisation.

Avant de se voir confier le ministère de la guerre à l’Etat islamique, Al-Jumaili était un officier supérieur de renseignement au sein du régime de Saddam Hussein. Originaire de Falloujah, il a été tué lors d'une attaque aérienne contre le quartier général des dirigeants de l’EI dans la ville de Qaim, à l'ouest d'Al-Anbar.

Le New York Times affirmait en mai 2017, en se référant à des informations fournies par les renseignements français, belges, autrichiens et allemands, que les informations sûres et vérifiées qui sont en possession de Daech confirment que l’organisation dispose d’un service de renseignement qui collecte les informations, et recrute des éléments en Europe et en Asie. Le secteur des opérations externes de cet appareil de renseignement a implanté des centaines de cellules dormantes en Asie et en Europe. Ces cellules ont commis des attentats partout dans le monde.

Cette unité utilise des éléments qui ont adopté l’idéologie de l'organisation. Leur mission : entrer en contact avec les militants dans les pays cibles, et leur transmettre des messages, notamment des ordres d'attaque.

Les renseignements américains et européens possèdent des dizaines de milliers de documents contenant les aveux de membres présumés de l'organisation obtenus au cours de leur interrogatoire. Ils auraient rencontré plusieurs fois les agents de renseignement de Daesh sous couvert d’activités touristiques et commerciales et ces derniers leur ont demandé de former des cellules et de « dormir » en attendant les instructions.

Certaines personnes interrogées savaient que l’appareil de renseignements de Daech a deux branches, l’une pour les opérations externes et l’autre pour les opérations internes. Elles sont conscientes qu'elles formaient des cellules dormantes en Europe, et que ces cellules relevaient de l'appareil de sécurité de Daech, le nom que l'organisation a donné à son appareil de renseignement. Abu Mohamed Al-Adnani dirigeait cet appareil. Il avait dirigé auparavant le service de presse. En raison de ses compétences militaires, on lui confié la responsabilité les opérations spéciales de l’organisation.

La loyauté, la zone de résidence et la maîtrise des langues étaient des critères essentiels pour recruter les membres des cellules dormantes à l'étranger qui ont commencé à opérer en Europe et en Asie à partir de 2014. Les opérations ont montré que les points forts de ces cellules se trouvent en Allemagne, en Australie en Espagne, en France, en Belgique, au Liban, en Tunisie, au Bangladesh, en Malaisie et en Indonésie, ainsi que les pays du Moyen-Orient. 30 de ces agents ont perpétré 10 attaques majeures dans le monde en deux ans. Certains d’entre eux avaient reçu un entraînement en Syrie et en Irak.

Concernant les cellules dormantes implantées par Daech aux Etats-unis, le Washington Post cite des responsables de la sécurité à Washington, affirmant que la disponibilité des armes sur les marchés américains et d’Internet ont facilité le recrutement des agents de renseignement par Daech, qui a utilisé le courrier électronique et les réseaux sociaux pour transmettre les ordres et les fonds nécessaires à l’achat des armes aux États-Unis.

Combattre l’espionnage

Daech a procédé à des opérations anti-espionnage au cours desquelles des espions ont été arrêtés et exécutés. La sécurité intérieure était principalement responsable de la détection et de la liquidation des espions. Elle était composée des membres les plus expérimentés et les plus engagés au sein de l'organisation.

Le processus de sélection des membres de la sécurité intérieure était difficile. Par exemple, il était normal que des combattants passent d’un groupe à un autre, mais les membres de la sécurité interne n’étaient choisis que parmi les personnes n’ayant jamais combattu dans un autre groupe, et ce pour garantir leur loyauté. Le personnel de la sécurité intérieure avait une liberté de mouvement, contrairement aux autres combattants.

Da'esh craignait les infiltrations, c’est pourquoi l’organisation a eu recours à des éléments secrets pour surveiller les combattants et collecter l’information de manière continue. La surveillance des combattants étrangers commençait avant même qu'ils n'arrivent en Syrie et en Irak.

Toute personne accusée d'espionnage était envoyée à la prison de la sécurité intérieure, et la plupart des personnes impliquées dans des actes d'espionnage en faveur d'autres organisations étaient exécutés.

 

"