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Abdel Rahim Ali
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Après le meurtre de deux touristes, Daesh tente d’implanter les loups solitaires au Maroc

samedi 12/janvier/2019 - 07:56
La Reference
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L’assassinat de deux touristes dans un site touristique au Maroc fait ressurgir encore une fois le dossier de la recherche sur la taille des actions daeshies dans le pays.

Le cabinet du procureur général du Maroc a annoncé le mois dernier que les suspects du meurtre de touristes danoise et norvégienne avaient fait allégeance au groupe terroriste de Daesh.

La Chaîne II de télévision marocaine a rapporté sur son site Internet que le crime était un « acte terroriste » et attribué à une source de sécurité, disant que l’incident était lié aux extrémistes.

Cet incident a ouvert les yeux sur la position et la présence terroriste au Maroc, sept ans après la dernière explosion dans le pays.

En avril 2011, 17 personnes ont été tuées dans un attentat terroriste dans un restaurant à Marrakech.

Il y a deux ans, les autorités marocaines ont annoncé avoir arrêté une dizaine de personnes, dont sept accusées d'être liées à Daesh et les trois autres liées aux sept premières, soulignant qu’elles envisageaient des opérations terroristes « graves » dans le Royaume.

Dans un communiqué, le ministère marocain de l’Intérieur a déclaré en février 2017 que les détenus étaient « impliqués dans les complots terroristes de cette cellule », qui visaient plusieurs sites sensibles, des hôtels classés et des centres commerciaux dans le Royaume. Ils étaient également impliqués dans l’assassinat de personnalités politiques et publiques et de membres de diverses agences de sécurité.

« La cellule terroriste était en train de recevoir un expert en explosifs d’une antenne libyenne, qui lui aurait confié des techniques d’explosion et de détonation à distance, ainsi que les diverses méthodes brutales créées par cette organisation terroriste pour liquider ses victimes », a indiqué le ministère.

Et de confirmer qu’ils envisageaient également de créer une base fidèle à Daesh dans la région de Boulaouane (province d’Al Jadida) sous le nom de « branche de Daesh au Maroc » soit le point de départ de la mise en œuvre de schémas terroristes dans le Royaume.

Les services de sécurité marocains ont démantelé plus de 167 cellules terroristes depuis 2002, dont 46 cellules qui ont été démantelées depuis 2013. Ils tentent de mener également des opérations préventives dans la lutte contre le terrorisme en arrêtant des suspects et en démantelant des cellules terroristes.

Le Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ) dépendant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) du Maroc, créé en 2015, avait publié des statistiques confirmant le démantèlement de plus de 57 poches de Daesh, dont huit en 2018, après que plus de 1 000 jeunes Marocains, principalement du nord, y aient adhéré.

Alors que le pays est confronté à une « cellule organisée » capable de mener de grandes attaques, les recrues trouvent le moyen de mener des opérations en « loups solitaires ».

Les observateurs estimant que le meurtre des deux touristes a été commis par des terroristes agissant seuls, malgré leur allégeance à Daesh.

L’arrestation de neuf autres personnes dans l’affaire a déjoué un complot terroriste, a déclaré le porte-parole de la DGST, Abou Bakr Sabic, soulignant que les accusés ont prétendu que fait allégeance à Daesh dans une vidéo avant que les deux corps aient été retrouvés, mais sans qu’il n’y ait une entente préalable avec aucune entité étrangère. 

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