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Abdel Rahim Ali
Conseiller éditorial
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L'histoire secrète d’Erdogan et son alliance avec la mafia

samedi 09/février/2019 - 11:12
La Reference
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan est prêt à s’allier au diable pour réaliser ses ambitions de rétablir le sultanat ottoman. Non seulement, il s’est allié aux Frères musulmans et à d'autres groupes terroristes, mais il s’est également impliqué dans des relations douteuses avec l’un des chefs de la mafia, appelé Sadat Bakr.

Des opérations secrètes avec la mafia

Le président turc a conclu plusieurs contrats avec des dirigeants de la mafia qui se sont engagés à servir ses intérêts en Turquie et à l'étranger. En échange, le président turc s’engage à « couvrir » leurs activités illégales et à leur garantir une immunité judiciaire.

Sédat Bakr est membre de la coalition pro-Erdogan, c’est un dirigeant de la mafia condamné puis acquitté par un tribunal turc. Il avait menacé de mort des centaines d'universitaires et d'intellectuels qui appelaient à un règlement pacifique du problème kurde.

Sédat Bakr avait été condamné à onze ans de prison pour « menaces et incitation à la violence ». Il avait déclaré : « Nous verserons votre sang et nous nous y baignerons». Le tribunal de première instance l’a acquitté. Sadat Bakr ne s’est même pas donné la peine d’assister à l’audience au cours de laquelle la Cour l’a acquitté, le 13 juillet 2018, affirmant que « ses menaces n'ont débouché sur aucune action concrète ».

Pire encore, après un nouvel acquittement de Bakr, le tribunal pénal de première instance, a déclaré le 21 juin 2018, que ses déclarations devaient être considérées comme « une expression de patriotisme ». Le tribunal a conclu que les propos de Bakr n’avaient « rien de mal ». Bakr avait déclaré que les membres du mouvement de Fetullah Güllen devaient « être pendus aux mâts des drapeaux et aux arbres dans les rues », et que « ceux qui sont en prison doivent être tués ». Ces déclarations sont intervenues un jour après qu'Erdogan aient attaqué des universitaires les qualifiant de « partisans du terrorisme ».

Le procureur avait accusé Bakr d'incitation à la violence, mais le tribunal l’a autorisé à partir, alors qu'il encourait jusqu’à cinq ans de prison. A présent, il continue à défendre Erdogan et à menacer directement quiconque le critique.

Selon un rapport du site suédois Nordic Monitor, Bakr est un criminel dangereux qui se comporte comme un « chien d'attaque ». Le président turc a recours à lui pour déstabiliser ses adversaires, car il n'est pas officiellement associé au bureau d'Erdogan.

Selon le rapport, les opérations de Bakr hors de la Turquie représentent également une menace pour les alliés et les partenaires de ce pays, compte tenu ses relations étroites avec des djihadistes en Syrie. Il envoyait des gilets pare-balles et de petits camions à des bandes armées en Syrie, qui servent les intérêts d’Erdogan.

Il s'est avéré également que Bakr travaillait depuis des années avec des groupes extrémistes au sein de l'armée et de la fonction publique turques, toujours selon le site Internet suédois.

Un parcours parsemé de crimes

Bakr est né en 1971 dans la province de Rizi, ville natale d’Erdogan. C’est un criminel qui a été arrêté plusieurs fois et fait l’objet de poursuites judiciaires pour extorsion, crime organisé, enlèvement, rançon et lésions corporelles. Il a été officiellement arrêté en 2004 et condamné à 14 ans de prison par la Haute Cour pénale d'Istanbul.

Selon le rapport, Bakr a été recruté en 1992 par Philly Kojuk, un colonel turc qui a créé la branche de renseignement dite du JITEM au sein de la gendarmerie turque. Un organe qui a mauvaise réputation. Kojuk est aussi une figure bien connue dans les exécutions extrajudiciaires en Turquie, notamment dans le sud-est.

Bakr avait un partenaire au sein de l’agence des renseignements turcs, la National Intelligence Organization (MIT), connu sous le nom de Yavuz Atak. Ce dernier dirigeait le département des opérations étrangères au Massachusetts Institute of Technology, et a été contraint de démissionner suite à un scandale à la fin des années 1990. Kojuk aurait fourni un passeport diplomatique à un certain Alatin Chakji, un autre chef de la mafia. Le nom de Bakr a été mentionné dans l’enquête sur un complot visant à assassiner des hommes politiques kurdes et de l'écrivain turc et lauréat du prix Nobel Orhan Pamuk.

Selon le rapport, étant donné les antécédents de cet homme et ses liens avec les éléments cachés du gouvernement turc, dont l'agence de renseignement turque (MIT), il faut présumer que ses menaces ont un certain poids. Il bénéficie clairement de l’impunité et de l'immunité fournies par Erdogan. Le rapport recommande de surveiller Bakr de près à l’étranger afin de révéler toute transaction sale qu’il envisage de conclure au profit du dictateur turc.

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