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L’encerclement des Kurdes d’Iran… Ou comment le régime des mollahs traite avec les minorités

mercredi 13/mars/2019 - 05:33
La Reference
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Mervet Zakaria

 

Bien que la « révolution islamique » en Iran ait insisté au début sur la défense des opprimés et des minorités, le régime des mollahs s’est orienté dans la direction opposée lorsque les religieux ont pris le contrôle des rouages de l’Etat. C’est ainsi que tous ceux en dehors de l’ethnie perse qui revendiquent des droits culturels, politiques ou économiques, sont victimes de la coercition et de la torture.

Les Kurdes ne font pas exception, et c’est ainsi que l’enseignement de la langue kurde est interdite dans les écoles, et que la publication des livres écrits en kurde est strictement contrôlée, bien que l’article 15 du chapitre deux de la constitution stipule le droit des minorités à utiliser leurs langues dans les domaines de l’enseignement et de la culture.

D’autre part, les Kurdes sont victimes de discrimination sur le marché de l’emploi ainsi que pour l’admission dans les universités, bien que l’article 19 du chapitre trois de la constitution interdise la discrimination entre Iraniens sur une base ethnique. Outre l’impossibilité pour eux d’exprimer leurs opinions politiques ou de créer des partis politiques.

Cependant, le retrait des Américains de l’accord sur le nucléaire iranien et leur solidarité avec les Kurdes de Syrie et d’Irak a conduit à un affaiblissement de la position de Téhéran vis-à-vis des Kurdes à l’intérieur de la République islamique. Notons que Washington considère les Kurdes comme un simple outil pour réaliser leurs intérêts au Moyen-Orient, du fait qu’ils sont répartis essentiellement entre quatre pays (Syrie, Irak, Turquie et Iran), et les Etats-Unis les soutiennent pour en faire un obstacle face aux projets hégémoniques iraniens.

Ainsi, en Irak, Les Etats-Unis ont renforcé leurs relations politiques et économiques avec le Kurdistan depuis 2005, tandis que l’Iran, de son côté, s’est opposé au référendum sur l’indépendance du Kurdistan, en invoquant l’atteinte à sa sécurité nationale et le fait qu’il serait le premier perdant au cas où les Kurdes parvenaient à créer l’Etat qu’ils souhaitent.

En Syrie, en revanche, la décision de retrait des troupes américaines de ce pays a été considérée par les Kurdes – après le soutien important reçu des Américains – comme une offense grave, et un obstacle à l’instauration de l’Etat confédéral proclamé en 2016. 

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