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L'effondrement de l'économie turque

vendredi 19/avril/2019 - 10:56
La Reference
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Quatorze ans après son mariage avec la fille aînée du président turc Recep Tayyip Erdogan, Pratt Albiraq n'était pas très connu à Ankara jusqu'à ce qu’il soit chargé, par son beau père l'année dernière, du ministère des Finances, l'un des plus importants du gouvernement turc.

Pratt, âgé de 40 ans, a étudié le commerce à l’Université d’Istanbul et a ensuite rejoint en 1999 le géantChalik Holding Group, très actif dans de nombreux domaines, dont l’énergie et la construction,. Trois ans plus tard, il est devenu le directeur financier de la branche américaine du groupe.

En 2007, Pratt a repris la direction du groupe Chalik, qui a acheté plusieurs chaînes de télévision et journaux, tels que le journal Sabah, devenu le porte-parole du parti d’Erdogan et la chaîne de télévision pro-Erdogan Khobar.

Pratt a quitté le groupe, désormais dirigé par son frère Yavoz, pour se présenter aux élections législatives sur les listes du parti de la justice et du développement (AKP) en 2015. Il devient membre du Parlement et quelques mois plus tard, ministre de l'Énergie.

La Turquie a connu une importante crise économique en 2001, caractérisée par une inflation chronique et recul de la devise nationale face au dollar (1,5 millions de lires turques pour un dollar américain). Afin d'améliorer les conditions de vie des citoyens turcs, Erdogan s’emploie à redresser l’économie en augmentant les investissements à travers des facilités bancaires alléchantes.

Mais en raison de mesures dont les conséquences futures ont été mal calculées, les dettes turques se sont accumulées en 2017 et 2018. Une situation qui s’aggravera encore dans les années à venir, selon les prévisions, qui laissent à penser que les jours de prospérité sont révolus.

La lire turque a perdu 30% de sa valeur par rapport à la devise américaine l’année dernière.

Nommé au ministère des Finances, le beau-fils d’Erdogan aura pour mission de traiter les problèmes majeurs de l'économie turque notamment l'inflation, l'effondrement de la lire turque, la hausse des taux d'intérêt et le manque de confiance des investisseurs étrangers.

Mais la réaction des marchés financiers turques à cette nomination ont été négatives. La lire turque a chuté d’environ 3% à peine un jour après l’arrivée de Pratta au ministère des Finances. Même chose pour la bourse et les taux d’intérêt sur les bons du Trésor.

Les observateurs estiment qu'Erdogan contrôle tous les rouages de l’économie turque et continue son plan de reconstruction de la Turquie conformément à sa vision en imposant davantage de restrictions à ses adversaires. La seule chose qui puisse rendre Erdogan peu enclin à avancer dans cette voie c’est l'aggravation de la crise économique que connait Turquie actuellement, et qui signifie finalement le déclin de sa popularité au sein de la société turque, qui lui est restée jusqu'à présent fidèle.


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