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Bénin : non, la zone où les Français ont été enlevés n'était pas classée "rouge"

samedi 11/mai/2019 - 08:53
La Reference
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Le ministre des Affaires étrangères a dénoncé à plusieurs reprises les "risques majeurs" pris par les deux otages français libérés au Burkina Faso.

Jean-Yves Le Drian a-t-il parlé trop vite en dénonçant les risques qu'auraient pris les ex-otages français ? À plusieurs reprises depuis leur libérationle ministre des Affaire étrangères a dénoncé les "risques majeurs" qu'auraient pris les touristes enlevés le 1er mai au Bénin. 

"Les conseils aux voyageurs doivent être respectées intégralement", a déclaré le ministre à l'arrivée des ex-otages à l'aéroport de Vélizy-Villacoublay, en s'adressant aux touristes et aux agences de voyage. "Ce ne sont pas des voeux pieux, ce sont des incitations impératives", a-t-il insisté. 

Auparavant, Jean-Yves Le Drian avait affirmé que "la zone où étaient nos deux compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c'est-à-dire une zone où il ne faut pas aller". 

Après avoir adressé leurs pensées à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les deux soldats morts pendant l'opération de sauvetage, Laurent Lassimouillas et Patrick Pique ont pour leur part reconnu que "certainement", ils auraient "dû prendre davantage en considération les recommandations de l'État et la complexité de l'Afrique". 

Le parc classé en simple "zone déconseillée sauf raison impérative"

Pourtant, le parc de la Pendjari, situé dans le nord du pays, n'était pas classé en zone rouge au moment où les deux Français s'y sont rendus pour un safari, selon Le Figaro. La plus grande partie du parc n'était qu'en orange, c'est-à-dire une "zone déconseillée sauf raison impérative" ou en jaune, une simple "zone de vigilance renforcée".  

Dans un texte du ministère datant du 27 avril, le parc de la Pendjari n'est en effet pas mentionné comme "fortement déconseillé", contrairement à un autre parc béninois, le parc national du W. Il est seulement indiqué qu'il faut éviter la zone frontalière burkinabée et nigérienne. 

Six mois auparavant, en novembre 2018, l'intégralité du parc était même classée en zone jaune. Il a fallu attendre vendredi 10 mai, soit après la libération des otages, pour que cette zone soit officiellement classée rouge par le Quai d'Orsay. 

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