Président et rédacteur en chef
Abdel Rahim Ali
Conseiller éditorial
Roland Jacquard
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Dr Abdelrahim Ali
Dr Abdelrahim Ali

Comment Nicolas Beau et Mondafrique sont-ils devenus de fervents défenseurs des politiques du Qatar après avoir été leurs ennemis jurés? (2/3)

mardi 04/juin/2019 - 08:46
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Il y a quinze jours, à la mi-mai 2019, une lettre de Doha est parvenue à un haut responsable qatari à Paris. Il s’agissait d’un blâme adressé à cet homme pour ne pas avoir fait son travail correctement et s’être contenté d’organiser des cocktails au moment où les scandales du Qatar se multiplient… La lettre mentionnait en particulier la propagande anti-qatarie du livre « Les Papiers du Qatar » des journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot ainsi que l’enquète menèe avec d’un responsable qatari en France pour corruption.
La lettre est tombée sur l’homme comme la foudre, surtout lorsqu’ils lui demandèrent de répondre à la question : « Pourquoi le premier entretien de Georges Malbrunot a-t-il eu lieu avec Abdelrahim Ali, fondateur du CEMO et quel est le degré d’influence de Ali et du CEMO en France ?
Aussitôt, l’homme s’est réuni avec Nabil an-Nassiri, l’homme du Qatar à Paris. En vérité, les Qataris avaient cessé tout contact officiel avec Nassiri et lui avaient interdit d’apparaître dans toute réunion officielle organisée par Doha étant donné ses liens étroits avec l’Organisation internationale des Frères musulmans, mais ils furent obligés de le contacter en l’occurrence, étant donné les liens étroits entre Nassiri et Nicolas Beau, rédacteur en chef de Mondafrique.
Il n’était donc pas étonnant que l’attaque contre le CEMO ait lieu sans occasion particulière, le Centre n’ayant eu aucune activité depuis au moins deux mois, se contentant des campagnes de sensibilisation au rôle qatari en France et aux activités de l’Organisation internationale des Frères musulmans dans le pays le plus laïc d’Europe commencées il y a deux ans.
Ces initiatives dérangèrent naturellement les hommes du Qatar à Paris, qui commencèrent à se mobiliser contre nous, mais étant donné l’arrivée des instructions de Doha de manière embarrassante, de grosses erreurs furent commises :
Premièrement : le fait de critiquer à nouveau certains événements passés comme la conférence de presse commune tenue en mai 2018 sous la voûte de l’Assemblée nationale française avec la députée Marine Le Pen, qui a parlé à cette occasion du danger de la présence des Frères musulmans soutenus par le Qatar en France.
Deuxièmement : le fait de répéter des critiques auxquelles il a été répondu à maintes reprises, comme le fait que je sois obsédé par l’idée du complot et que je sois antisémite, sans apporter aucune preuve à cela.
Troisièmement : les articles de Nicolas Beau dont a parlé le site Mondafrique et qui ont été publiés par le CEMO l’ont été au début avec son accord le 7 octobre 2017, lors de sa visite à mon bureau et les numéros sur papier lui parvenaient chaque mois.
Quatrièmement : les articles étaient publiés sur le site et il les lisait régulièrement, et il nous envoya durant cette période plusieurs mails dont nous avons publié certains dans l’épisode précédent, et dans aucun d’entre eux, il n’a objecté à la publication de ses articles.
Cinquièmement : le 17 mai 2019, mon collègue du Centre Dr Ahmad Youssef a été surpris par un coup de fil de Nicolas Beau suivi par un message vocal dans lequel il demandait la suppression de ses articles publiés sur le site Al-Marga’ dépendant du CEMO sans indiquer la cause, bien que nous lui ayons envoyé ses articles publiés chez nous de façon régulière pendant un an et demi depuis octobre 2017 et jusqu’au dernier article publié sur Al-Marga’ en octobre 2018.
Que s’était-il donc passé entre octobre 2017 et mai 2019 ayant poussé Nicolas Beau à adopter cette attitude vis-à-vis du CEMO ?
C’est ce à quoi nous allons essayer de répondre dans ces épisodes, mais avant d’y répondre, nous devons examiner le point de vue de Nicolas Beau, rédacteur en chef du site Mondafrique, sur le danger représenté par le Qatar pour son pays la France, avant de changer complètement d’attitude et de ne plus voir maintenant aucun danger dans le Qatar et ses alliés de l’Organisation internationale des Frères.
Tentatives de mainmise :
Nicolas Beau s’est arrêté dans son livre « Le Vilain petit Qatar » sur la taille des investissements qataris en France, en considérant que les responsables qataris avaient acheté la plupart des hommes politiques et séduit les présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande avec ces investissements, en employant l’ex-ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin comme avocat chez eux. Tout en mentionnant le début de la colère française contre le Qatar en découvrant des réseaux de financement qatari destinés aux djihadistes et aux terroristes au Mali et dans d’autres pays.
Beau a considéré que c’est un vaste réseau d’intérêts qui a permis au Qatar de contrôler les prises de décision françaises en 2013, et d’acheter à peu près tout dont l’organisation de la Francophonie, ainsi qu’un grand nombre d’usines, de biens immobiliser et d’équipes de sport, ce qui a provoqué la colère des Français et leur crainte de tentatives de mainmise sur les prises de décision.
 
Le Qatar et le terrorisme
Nicolas Beau est allé plus loin dans son livre, en montrant les tentatives du Qatar de briser l’unité des nations et de les détruire en utilisant le terrorisme et le soutien à ses organisations. C’est ainsi qu’il raconte qu’au début du printemps syrien, la communauté internationale a fermé les yeux sur les navires chargés d’armes en provenance du Qatar et de Libye, après la chute du régime de Kadhafi, et à destination de la Syrie via le Liban. Mais il ajoute que l’augmentation de ce trafic a inquiété le Mossad qui s’est empressé d’informer les forces d’urgence internationales et l’armée libanaise, et c’est ainsi qu’un navire, le Lutfallah, a été arrêté le 27 avril 2012 en mer, ce qui a incité le Qatar à être plus discret dans ses opérations, et à diminuer son soutien aux djihadistes.
Et tout le monde a alors découvert que le Qatar avait également aidé ces djihadistes avec des conseillers, parmi lesquels l’ex-chef d’al-Qaïda Abdel Karim Belhaj, devenu par la suite un responsable politique en Libye, selon le livre.
 
La transformation de la Libye en Enfer
Nicolas Beau parle aussi dans son livre de quelqu’un ayant peut-être promis un million d’euros à celui qui le ferait disparaître du marché, étant donné le financement par le Qatar des terroristes pour détruire la Syrie, et il révèle les conseillers parmi lesquels se trouvait Abdel Karim Belhaj.
Le livre s’arrête sur la façon dont la Libye a été occupée et dont le colonel Qaddafi a été tué, ainsi que sur les doutes concernant le meurtre de trois personnalités connaissant les secrets du soutien financier de Qaddafi à l’ex-président Nicolas Sarkozy, dont l’ex-ministre du Pétrole Chukri Ghanem dont on a dit qu’il était mort noyé en Suisse.
Le livre explique que d’énormes intérêts financiers étaient derrière l’attaque contre la Libye, dont les dépôts de Qaddafi au Qatar, ainsi que le désir du Qatar d’occuper les positions du colonel en Afrique, en étendant son influence financière, politique et sécuritaire sous couvert d’aides humanitaires.
 
Le début du changement
Le début du changement dans l’attitude de Nicolas Beau devenu défenseur des politiques qataries après avoir été un critique acerbe du rôle de ce pays en France a lieu en janvier 2018 lorsqu’il publie un article sous le titre « la campagne croisée contre le Qatar menée par le cheikh al-Chalghoumi », dans lequel il critique l’attitude du cheikh Hassan al-Chalghoumi hostile au Qatar, en prétendant que cela s’inscrivait dans la guerre menée par l’Arabie saoudite et les Emirats contre Doha.
Son article constituait une manifestation d’amitié lointaine envers l’Etat dont il avait passé quatre ans à combattre les politiques, mais en vain malheureusement, et c’est peut-être ce qui le poussa à changer complètement d’opinion, et à partir de la mi-2018, il soutint totalement la politique qatarie et publia 8 articles, tous défendant Doha et sa politique.
L’étonnant dans cela est qu’il supprima nombre d’articles qui attaquaient le Qatar avant cette date.
 
L’Egypte et les Emirats
Et du fait de cette nouvelle partialité en faveur du Qatar, il se mit à attaquer l’Egypte et ses dirigeants en mars 2018, et il publia à partir de cette date sur le site Mondafrique 14 articles sur l’Egypte dans lesquels il lançait des attaques injustifiées en accusant le régime de dictature, comme s’il avait soudain découvert cela en 2018.
Il n’épargna pas les Emirats en les accusant en novembre 2018 d’avoir planifié un putsch militaire en Tunisie avec l’aide de l’ex-ministre de l’Intérieur Lutfi Brahim.
Cela poussa ce dernier à intenter un procès contre Nicolas Beau en l’accusant d’avoir touché 700000 euros du Qatar pour améliorer son image et cesser de l’attaquer.
Et le 4 avril 2019, Beau écrivit un article sur Mondafrique dans lequel il essayait de se défendre contre les accusations du ministre tunisien de l’Intérieur, au moment où Lutfi Brahim déclarait qu’il avait intenté un procès contre tous ceux qui auront contribué à l’accuser de tentative de putsch, affirmant : « J’ai intenté un procès contre le chef du bureau d’al-Jazira à Tunis et contre le journaliste français Nicolas Beau ». Et d’ajouter : « je suis venu expliquer aujourd’hui la question du putsch, l’accusation est grave et dépasse toutes les limites, et par nature, je n’aime pas me manifester. Nous sommes des gens qui travaillons discrètement et ne parlons pas beaucoup ».
Et le ministre tunisien accusa Nicolas Beau d’avoir reçu de l’argent du Qatar pour le défendre et améliorer son image.
 
Pourquoi le colloque de l’Ecole militaire a-t-il été annulé?
Les rédacteurs du site Mondafrique ont affirmé à la fin de l’article dans lequel ils m’attaquent :
« Il n’est pas étonnant de voir l’Ecole militaire française annuler un colloque d’Abdelrahim Ali qui devait avoir lieu en novembre 2018 », dans une tentative de prouver tous les mensonges qu’ils ont forgés et dont nous parlerons des auteurs dans le dernier épisode de cette série d’articles.
Je renvoie ici Nicolas Beau à son ami Richard Labévière, expert en terrorisme et qui était l’un des organisateurs et participants à ce colloque, pour qu’il explique aux rédacteurs de Mondafrique pourquoi le colloque de l’Ecole militaire a été annulé.
Labévière dit dans un article publié le 12 novembre 2018 sur le site de l’Observatoire géostratégique :
« Il était prévu de tenir un colloque intitulé « Les nouveaux acteurs dans le domaine de la lutte antiterroriste » à l’Ecole militaire française le 22 novembre 2018 et trois tables rondes étaient prévues : la première sous le titre « sur le front de la justice » devait réunir deux ex-juges de la lutte antiterroriste, Jean-Louis Bruguière et Michel Debacq ; la seconde sous le titre « Sur le front des renseignements » réunissant l’ex-chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini, et l’ex-chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE Alain Chouet ; et la troisième, « sur le front militaire », devait réunir le député et chercheur égyptien Abdelrahim Ali et le général Jean-Bernard Pinatel, tous deux experts en matière de stratégies antiterroristes.
Par ailleurs, c’est Alain Juillet, ex-conseiller en matière de renseignements auprès du premier ministre français, qui devait conclure le colloque. Labévière ajoute : « Qu’est-il arrivé exactement ? ». Et il répond : « C’est l’un des conseillers au bureau du premier ministre qui a donné l’ordre d’annuler ce colloque. La décision a été notifiée aux responsables de l’Ecole militaire sans en donner les causes, et il leur a seulement été demandé d’annuler complètement le colloque. Nous avons alors voulu faire une petite enquête pour comprendre les mécanismes ayant conduit à cette « censure » honteuse et inquiétante s’agissant de la situation du débat public en France ».
Et Labévière poursuit : « En réalité, depuis des semaines, nombre de nos amis journalistes nous avaient informés que ce colloque était visé de façon répétée par un groupe d’activistes sur les « réseaux numériques » appelés « réseaux sociaux », et nous n’avons pas été surpris de trouver en leur sein le même petit groupe de « chiens de garde » qui étaient parvenus à annuler il y a un an un colloque sur la situation en Syrie. Ce colloque, qui devait se tenir au Musée de la paix de la ville de Caen, a été transféré à l’Université de la Sorbonne, avant d’être à nouveau interdit et transféré au siège de l’Assemblée nationale. Mais les activistes de Tweeter n’ont pas arrêté leur campagne, et les organisateurs ont dû finalement le tenir dans le seul endroit disponible, à savoir une salle de l’Eglise russe.
Labévière s’interroge à nouveau : « Mais qui sont ces gens ? ». Et il répond clairement : « un faux chercheur dont la mission est de protéger les intérêts israéliens en France, un journaliste prétentieux, « ex-otage » en Syrie, et pensant que cela l’autorise à se présenter comme expert sans égal en matière de crises au Moyen-Orient, un partisan de l’ex-ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui dirige une revue qui n’est lue par personne, un ex-djihadiste (allusion à Romain Caillet) et nombre d’autres activistes de Tweeter moins connus ».
Et Labévière poursuit : « Du fait des pressions de ces gens, il est possible d’affirmer qu’une dictature numérique douce s’installe progressivement en France, pour terroriser les administrations et les services de l’Etat… Et cela n’est absolument pas rassurant ».
Après ces paroles de Labévière, nous avons une question : « Y a-t-il dans tout ce qu’a mentionné cet homme la moindre chose nous visant en tant que personne ou que centre, et la réponse est sans hésiter : non.
Mais les mauvaises intentions s’étant transformées en maladie chez ceux qui ont vendu leur âme et sont devenus des menteurs professionnels, ils nous ont accusés à tort d’être la cause de l’annulation du colloque de l’Ecole militaire.
Dans le prochain et dernier article : appel à la raison et au débat constructif.
 
 

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