Président et rédacteur en chef
Abdel Rahim Ali
Conseiller éditorial
Roland Jacquard
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Désolé Mondafrique… Votre crédit est épuisé (3-3) Cela est un appel à la raison et au dialogue constructif

mardi 11/juin/2019 - 04:20
La Reference
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Abdelrahim Ali

 

En laissant de côté les conflits médiatiques

Un appel adressé à tout homme raisonnable et qui prête l’oreille et est clairvoyant, par lequel il nous sera possible de travailler ensemble pour affronter le danger commun, si les intentions sont sincères et que l’on oublie les intérêts personnels.

Pour commencer, entendons-nous sur une base pour le dialogue, qui soit indiscutable et se résume en l’idée qu’une accusation ne peut être vraie tant qu’elle ne s’appuie pas sur une preuve matérielle claire ou qu’elle est forgée par une imagination malade ou un ensemble de mensonges dans le but de diffamer.

Posons une question de base : quand pourrons-nous vivre ou au moins cohabiter dans le respect malgré nos différences ?

Je pense que le seul principe que nous devons adopter est celui-ci : éviter les malentendus et les confusions médiatiques qui empêchent les gens de bonne volonté et résolus de travailler ensemble pour affronter le terrorisme, l’extrémisme et la violence qui n’épargnent ni l’Orient ni l’Occident.

Je suis arrivé à Paris, la Ville Lumière, venant d’une terre dont la civilisation remonte à l’aube des temps, et qui est menacée à l’intérieur par les dangers du terrorisme, et de l’extérieur par les ingérences politiques et les convoitises internationales et régionales.

Lorsque j’ai traversé la Mer méditerranée, je ne suis pas venu ici en rêvant (comme a dit Novalis) de cueillir les fleurs bleues du romantisme, mais seulement dans des buts précis qui se résument ainsi :

- Echanger des informations sur les cellules djihadistes de Daech et des organisations comme Al-Qaïda qui s’étendent aujourd’hui de Kaboul à Damas, et jusqu’à Paris, Londres et les Etats-Unis.

- Analyser de près le type d’activités de toutes les associations et organisations dépendant de l’Organisation internationale du groupe des Frères musulmans, de leurs cellules dormantes et de leurs groupes actifs au cœur des sociétés occidentales.

- Suivre les financements suspects octroyés par certains pays au courant de l’islam politique dans le but de l’utiliser pour augmenter leur influence en Europe.

- En tant que chercheur ayant plus de trente ans d’expérience dans le domaine de l’islam politique, et qu’être humain avant toute chose vivant sur cette planète, je suis venu porteur d’un message dont les grandes lignes sont claires :

- Un message exprimant la détermination d’un homme épris de liberté, d’égalité et de fraternité, sans aucune discrimination de sexe, de race ou de religion.

- Un message visant à préserver la paix internationale et à garantir la sécurité de l’Europe comme du Moyen-Orient et du monde entier.

- Un message appelant à la coopération entre les divers experts et « centres de recherche qui peuvent contribuer à la prise de décision » pour expliquer les aspects cachés du terrorisme et ses répercussions possibles et probables, et identifier les premiers indices laissant prévoir des opérations sanglantes dans les sociétés occidentales dans lesquelles il est parvenu à pénétrer.

Pourtant, cela peut déranger certains groupes et réseaux terroristes ainsi que les pays qui les soutiennent, et qui sont invités – malgré leur implication dans le financement du terrorisme – à des conférences internationales de lutte contre le terrorisme et ses sources de financement.

 

Une campagne de diffamation : Pourquoi ?

J’ai été victime d’une campagne de diffamation qui a commencé en mai 2018 suite à une conférence de presse à l’Assemblée nationale et ne s’est toujours pas arrêtée, comme si j’étais une marionnette manipulée par les maîtres de la magie noire du journalisme, des sites Internet, des réseaux sociaux et des avocats des droits de l’homme.

Je n’exagérerais pas si je disais que cette campagne de diffamation et d’accusations a pour source principale certains tweets publiés sur les réseaux sociaux par les « voyous de Tweeter » - comme les a appelés Richard Labévière – et à leur tête l’un de ceux que la France elle-même a considérés comme des dangers pour la sécurité nationale.

Qui est donc cet individu qui a lancé une campagne contre nous, soutenu par l’Organisation internationale des Frères et ses alliés ?

 

Romain Caillet ?

Je me contente ici de mentionner, sans commentaire, certaines données sur cette personnalité dont la presse de diffamation, que ce soit durant la campagne de mai 2018 ou celle de mai 2019, s’est empressée d’accréditer les allégations.

Caillet avait dupé les médias français en cachant son passé islamiste et avait fait croire à tous qu’il était chercheur spécialisé dans l’islam djihadiste. A tel point que la chaîne française BFM TV possédée par l’homme d’affaires israélien Patrick Drahi l’engagea comme conseiller pour les affaires de terrorisme. Puis la chaîne fut obligée de résilier le contrat avec lui et de diffuser un communiqué officiel affirmant la rupture de toute relation avec Caillet en mai 2016, après que le Nouvel Observateur eut révélé des secrets troublants sur le passé noir de Caillet : c’est ainsi qu’en février 2015, ce dernier avait été expulsé du Liban où il vivait depuis 2010, après la découverte d’informations sur ses liens avec des groupes djihadistes de Syrie.

Avant de s’installer au Liban, il avait embrassé l’islam en 1997, à l’âge de 20 ans, et avait fait partie des Frères musulmans pendant de longues années. Les enquêtes en France ont montré aussi qu’il avait résidé au Caire au début de 2005, sous prétexte d’étudier l’arabe, et qu’il vivait dans un appartement du 8e arrondissement de Madinet Nasr en compagnie d’extrémistes français dont Fabien Clain qui avait revendiqué les attaques de Paris en novembre 2015, au nom de Daech.

Pour toutes ces raisons, Romain Caillet avait été interrogé par la SDAT (Sous-Direction Anti-Terroriste) dépendant de la police judiciaire française, en 2008. Puis il avait été libéré avec recommandation de le placer sous surveillance, et fiché « S ». Et malheureusement, c’est cet individu sur lequel se sont appuyés ceux qui ont orchestré la campagne contre moi dans les médias français, israéliens et qataris.

 

Campagne pour faire taire une voix dissidente

Quelle que soit la méthode suivie dans cette campagne malveillante, le fait est qu’ils ont préféré égarer et diffamer, pour passer sous silence les analyses des experts du Centre d’Etudes du Moyen-Orient à Paris, en interprétant de la pire manière certaines de mes déclarations après les avoir sorties de leur contexte.

Cela serait-il une façon détournée de défendre l’organisation internationale des Frères et leurs complices ?

En vérité, je n’ose pas y réfléchir, mais je crois que derrière cette attaque, se trouve la volonté de faire taire dès le début une voix étrangère qu’ils ne veulent pas voir autorisée à s’exprimer en France ou jouir de légitimité et de crédibilité. Car ces milieux craignent la possibilité qu’elle présente des analyses et des suggestions indépendantes, en dehors du cadre de la pensée dominante.

 

La réfutation rationnelle de l’accusation d’antisionisme et d’antisémitisme portée contre moi

Je souhaiterais d’abord préciser qu’il ne faut pas confondre le rêve exprimé par le peuple juif de retourner à Jérusalem après des siècles de vie en diaspora (L’an prochain à Jérusalem), et le mouvement sioniste mondial qui est parvenu après l’Holocauste de la seconde guerre mondiale à créer l’Etat hébreu en chassant le peuple palestinien de sa patrie, et qui a été la cause de quatre guerres sanglantes dont ont souffert et continuent de souffrir les peuples arabes malgré les décisions des Nations unies et les accords de paix. Le président Sadate a pris l’initiative après la guerre d’octobre 1973 de visiter Jérusalem pour offrir la paix au peuple israélien, et il a conclu l’accord de paix de Camp David avec le premier ministre israélien de l’époque Menahem Begin, sous le patronage du président Jimmy Carter, le 17 septembre 1978, et il paya cela de sa vie. Et aujourd’hui l’Egypte vit en paix avec Israël selon l’accord signé entre eux.

Mais la paix et le message de pardon ne signifient pas l’oubli. Car, de même que la France coopère avec l’Allemagne au sein de l’Union européenne, elle n’oublie pas les affres de la guerre et l’occupation, et commémore chaque année la mémoire de ses martyrs et la défaite de l’Allemagne nazie, nous n’oublions pas non plus en Egypte les horreurs de quatre guerres qui ont fait cent mille victimes et aucune famille égyptienne n’a été épargnée.

Le pardon ne signifie pas l’oubli de la terreur, comme par exemple, lorsque l’aviation israélienne a bombardé sans autre raison que la barbarie l’école de Bahr al-Baqar en avril 1970, tuant 30 enfants innocents et en blessant 50 autres.

Permettez-moi donc à ce propos d’exprimer mes souffrances et mes convictions sans pour autant être considéré comme un diable antisémite n’ayant rien à faire en France, le pays de la laïcité, du libéralisme, de la liberté de pensée et de l’égalité.

D’autre part, et face à ces diffamations indignes, je me console un peu en considérant la liste des penseurs qui ont été honnis et bannis pour la seule raison qu’ils considéraient la critique politique de l’Etat d’Israël comme un droit, voire un devoir moral, sans pour autant être opposés au sionisme en soi, ni des criminels antisémites !

Quel honneur de voir mon nom sur la liste de penseurs intègres qui ont dû faire face à l’accusation d’antisémitisme comme :

- Stéphane Hessel, qui a été accusé suite à la publication de son livre « Indignez-vous » de manifester des positions « favorables au terrorisme antisémite », sous-entendu, en lisant entre les lignes : « favorables à la résistance palestinienne » !!!

- Ou le sociologue juif français Edgar Morin qui a été poursuivi en justice et accusé de mépris raciste par l’Association France-Israël et « Avocats sans frontières », après avoir publié le 4 juillet 2002 dans le journal Le Monde une tribune libre sur le conflit israélo-palestinien.

 

Echec de la campagne de diffamation

Le célèbre philosophe et écrivain anglais Francis Bacon a dit un mot célèbre (sous forme de conseil) : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » !

Mais heureusement, le « conseil » ne signifie pas la « tutelle » dans la France laïque et démocratique !

C’est pourquoi toutes les vidéos diffusées par les membres de la campagne organisée contre moi à travers Tweeter et Facebook ont échoué, de même que la campagne médiatique à laquelle ont participé en mai 2018 l’Agence française officielle ainsi que les grands journaux et les sites Internet, et leurs vidéos ont obtenu un taux d’audience dérisoire, qui est en soi la meilleure réponse à ce tapage.

Et la campagne actuelle de la part de Mondafrique et des agents du Qatar n’a pas connu un succès plus grand.

 

La réponse à l’idée du complot

Nos interventions dans toutes les conférences que nous avons organisées ou auxquelles nous avons participé, que ce soit à l’Assemblée nationale française, au Sénat, au Parlement européen ou au Club de la Presse, à Paris, à Munich ou à Genève, étaient centrées sur la lutte antiterroriste et la mise en garde contre l’invasion des idées de l’Organisation internationale des Frères en Europe, ainsi que contre l’utilisation des fonds qataris comme moyen d’influencer la prise de décision en France.

Nous avons dit cela clairement, mais nous avons été surpris par la réponse des organisateurs de la campagne, car au lieu de réfuter nos idées et de les discuter de façon scientifique et objective, ils nous ont accusé de complotisme.

Et en vérité, cette réponse était un piège dans le but de faire taire une voix qui ne voulait qu’être entendue.

Ou comme certains pourraient le dire : il ne s’agit pas d’une réponse politique ou scientifique !

Et la question ici est de savoir si les plans de partition des Etats arabes dans les années soixante-dix, qui avaient été suggérés et adoptés par le Congrès américain, relevaient de prédictions innocentes ou s’il s’agissait d’une véritable stratégie nous permettant de mieux comprendre le projet du Nouveau Moyen-Orient, ses buts, ses dangers, ses victimes et ceux qui en profitent ? Et si le fait d’en parler et de mentionner les noms de ses promoteurs revenait à accréditer la théorie du complot ?

Permettez-moi d’expliquer le terme « complotiste » qui est un terme récent à plusieurs sens, et qui n’est entré dans le Petit Larousse qu’en 2017. Il est expliqué ainsi dans le dictionnaire : « Se dit de quelqu'un qui récuse la version communément admise d'un événement et cherche à démontrer que celui-ci résulte d'un complot fomenté par une minorité active ». Il y a également une dimension fondamentale au discours sur le complot, résidant dans le fait de qualifier à tort un événement historique ou une réalité sociale de complot qu’il n’est pas possible d’ignorer, et il est de l’intérêt des adeptes de la théorie du complot de garder cette réalité cachée pour toujours.

Et dans notre monde qui devient chaque jour plus complexe, le complot apparaît comme une duperie qui apporte une mauvaise réponse à une bonne question.

C’est donc un moyen d’analyser les pensées et les mécanismes stratégiques et socioéconomiques, et de condamner des ennemis illusoires, c’est pourquoi il nous est possible de prouver l’existence d’un complot sans être qualifié de « complotiste » par le biais des preuves et de l’analyse scientifique. Cependant, il nous est impossible de faire quoi que ce soit lorsque les gens décident de vous considérer comme ennemi, en utilisant tout l’arsenal de « l’art de la diffamation et de la diabolisation » pour parvenir à leurs fins.

A partir de là, le chercheur et président du CEMO devient, à cause du jeu obscur de la polysémie, le théoricien du complot et le nouveau père Barruel qui a attribué la révolution française au complot maçonnique français.

C’est ainsi qu’à cause de ces manipulations, il s’est transformé en complotiste et en antisioniste et naturellement en antisémite.

 

En guise de conclusion :

Pour répondre à la question de base et à ces calomnies, je citerai la parole célèbre du poète français Louis Aragon dans son poème La Rose et le réséda :

« Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au coeur du commun combat ».

Nous voulons expliquer ici que lorsque la maison de notre voisin est en feu et que la nôtre est en danger du fait que l’incendie peut se propager en un instant, il faut prendre ensemble toutes les mesures nécessaires pour faire face au danger, au lieu de s’accuser mutuellement.

 

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