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L’Égypte réclame l’annulation de la mise aux enchères d’une statue de Toutânkhamon

mardi 11/juin/2019 - 08:21
La Reference
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L’ambassade égyptienne à Londres a demandé au Bureau des affaires étrangères britannique d’empêcher la vente d’un portrait sculpté représentant la tête de Toutânkhamon, prévue en juillet, en vue de sa restitution au Caire. Les autorités égyptiennes soupçonnent l’œuvre d’avoir été volée sur le site de Karnak.

Le profil d’un vol. L’Égypte réclame au Royaume-Uni la restitution d’une tête du dieu Amon en quartzite marron, qui doit être vendu aux enchères les 3 et 4 juillet prochains par Christie’s. Le Caire craint en effet que la statue de 28,5 cm de haut n’ait été volée sur le site du temple de Karnak, situé à Louxor. «Je ne pense pas que Christie’s ait les documents qui prouvent que la statue a quitté l’Égypte légalement», a expliqué au Guardian le Dr. Zahi Hawass, archéologue et ancien ministre de la Culture du pays. Il estime que, dans ces conditions, la statue «doit être retournée à l’Égypte».

 «L’ambassade d’Égypte à Londres a écrit au ministère britannique des Affaires étrangères et à la maison d’enchères pour stopper la vente et demander que la statue soit restituée», est-il précisé dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères égyptien. Le Caire demande également «que soit stoppée la vente de toutes les autres pièces égyptiennes lors de la vente prévue à Christie’s les 3 et 4 juillet 2019, soulignant l’importance de l’obtention de tous les certificats d’acquisition» concernant ces objets.

De son côté, le ministère des Antiquités a écrit à l’Unesco, toujours selon le communiqué officiel égyptien, pour réclamer que la vente n’ait pas lieu, et obtenir, à tout le moins, la remise des certificats d’acquisition de ces objets. Le 3 juin, Christie’s a annoncé la mise en vente le 4 juillet de la statue vieille de plus de 3 000 ans et représentant le dieu Amon sous les traits du pharaon Toutânkhamon, estimant l’objet à 4 millions de livres sterling (4,49 millions d’euros).

«Les objets antiques ne peuvent pas être retracés sur des millénaires»

Dans un communiqué réponse, l’agence Christie’s affirme que «le lot appartenait avant 1985 au marchand Heinz Herzer, basé à Munich. Avant cela, le marchand autrichien Joseph Messina l’avait acquis en 1973-1974 du prince Wilhelm von Thurn und Taxis, qui l’avait notoirement dans sa collection depuis les années 1960.»

 «Les objets antiques, par leur nature, ne peuvent pas être retracés sur des millénaires, a expliqué la maison de vente au Figaro. Nous ne mettrions en vente aucun objet dont la possession ou l’exportation poserait problème. La statue a été largement exposée et étudiée et nous avons alerté l’ambassade d’Égypte de l’existence de la vente.» Christie’s n’a en revanche pas précisé si elle accéderait à la demande du conseil suprême des antiquités égyptien d’examiner la statue, afin d’en déterminer l’origine.

                                                                           


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