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Abdel Rahim Ali
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Au Soudan, « Hemetti », le général sanglant qui voulait être roi

dimanche 16/juin/2019 - 12:33
La Reference
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Le 3 juin, au petit matin, des éléments d’une unité paramilitaire soudanaise, la Force de soutien rapide (RSF), étaient lâchés sur les militants prodémocratie soudanais, endormis aux abords du sit-in planté face au quartier général de l’armée, à Khartoum. En quelques heures, humains et tentes, tout fut balayé.

Dans la poignée de vidéos ayant fini par émerger, on voit les tirs sur des jeunes sans défense, la violence des tabassages. L’un a la jambe sectionnée au niveau du tibia, d’autres s’écroulent. Il y aura des viols de jeunes femmes, des noyés, repêchés dans le Nil. On comptera plus de 150 victimes.

Ce déchaînement colle à la personne d’un homme qui a fondé toute sa carrière, a bâti toute son ascension, en alchimiste de cette violence-là : le général Mohammed Hamdane Daglo « Hemetti », chef des RSF, numéro deux de la junte, le Comité militaire de transition (TMC). Il avait essayé, pendant une parenthèse récente, de faire oublier cet ADN. C’est raté.

Le 3 juin fut peut-être son massacre de trop. Certes il y en avait eu tant, auparavant, de plus graves, de plus lourds, mais si lointains. Les méthodes des RSF se sont forgées au Darfour, au Kordofan, ou sur les frontières, sans témoins extérieurs. Désormais, « Hemetti » (« qu’il nous protège ») ne voulait plus être boucher, mais faiseur de roi, puis roi tout court, sans nul doute.

Un regard de loup

Il avait 30 000 hommes sur des pick-up, assez armés pour la guerre. Ce ne pouvait être assez. Il fallait ruser, séduire. Se grandir. Lorsqu’il a fait entrer une partie de cette légion sur ses véhicules hérissés de canons dans la capitale soudanaise, c’est comme si un chef vandale venait d’entrer dans Rome.

            
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