Président et rédacteur en chef
Abdel Rahim Ali
Conseiller éditorial
Roland Jacquard
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Intervention du Dr Abdelrahim Ali au colloque du CEMO sur « un dialogue permanent entre les deux rives de la Méditerranée »

lundi 24/juin/2019 - 12:27
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Intervention du Dr Abdelrahim Ali

Mesdames et Messieurs

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour discuter ensemble d’un problème fondamental qui a longtemps préoccupé les chercheurs du monde entier… à savoir le problème de la coopération et du dialogue permanent entre les pays du Bassin méditerranéen sur les questions communes, et à leur tête celle de savoir comment affronter le problème du terrorisme. Les terroristes et ceux qui les financent ont longtemps profité des contradictions politiques et idéologiques entre les pays et les axes internationaux et régionaux de notre monde contemporain.

Par exemple : alors que le monde arabe souffrait de la multiplication des opérations terroristes dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix du siècle dernier, qui visaient les services de sécurité, les installations touristiques et les citoyens coptes d’Egypte, certains pays européens comme la Grande-Bretagne considèrent les terroristes comme des combattants de la liberté, ou dans le pire des cas comme appartenant à « l’opposition armée ». Et c’est ainsi qu’on leur a ouvert les portes de l’asile politique, qu’on a organisé pour eux des colloques et invité à parler dans des assemblées parlementaires élus comme la Chambre des communes britannique. On leur a accordé des entretiens journalistiques et on a publié leurs points de vues déclarant les gouvernements incroyants ainsi que ceux qui s’opposent à eux en matière religieuse et de croyance. Et malheureusement, jusqu’à présent, certaines institutions médiatiques importantes comme la BBC qualifient les terroristes qui mènent des attaques contre l’armée et la police égyptienne au Sinaï d’« hommes armés » dans leur couverture des événements, alors que si un seul terroriste poignarde un citoyen britannique à Londres ou attaque un groupe de gens avec une voiture-bélier, elles le qualifient de « terroriste », ce qui constitue une contradiction flagrante qui est exploitée par les groupes terroristes. Egalement, lorsque certains appellent à opprimer la femme et à répandre la haine contre celui qui est différent au niveau religieux, et appelle à mépriser les arts et la musique et à les interdire en tant qu’opposés aux croyances religieuses, on considère cela en Occident comme un crime contre la civilisation et l’humanité, et on l’interdit dans le public ou la presse. Et si cette personne dirige un parti politique, ces accusations la poursuivent ici en Europe jusqu’à la tombe et l’empêchent de remporter des élections, comme Marine Le Pen en France. Tandis que nous voyons de grands journalistes européens comme Robert Fisk qui écrit dans The Independent, considérer le cadre des Frères musulmans Mohammad Morsy al-Ayyat, qui adopte toutes ces idées racistes, celles du groupe des Frères, comme un président civil ayant été démocratiquement élu, dont il faut pleurer la mort, même si elle est survenue de façon naturelle face aux caméras, sans le moindre soupçon. Il affirme cela sans être sûr que les élections qui ont eu lieu en juillet 2012 n’ont pas été entachées d’irrégularités, comme le fait que les citoyens coptes aient été empêchés de sortir de chez eux par la force des armes pour participer à ces élections.

Il est devenu nécessaire de s’entendre sur des concepts communs à l’Orient et à l’Occident, pour faire face à ces phénomènes dont le terrorisme, ainsi que ceux qui le financent profite des contradictions.

Le second point dont je voudrais vous parler concerne la façon dont le terrorisme se déplace dans le monde d’aujourd’hui, les terroristes exploitant la perte par l’Etat de son contrôle sécuritaire d’une région donnée et l’existence du chaos politique dans cette région pour s’y implanter et la

considérer comme un point de départ pour ses opérations terroristes, et l’Irak et la Libye en sont des exemples probants. Cela a été illustré la semaine dernière par l’exploitation par l’organisation Daech du litige entre l’Inde et le Pakistan à propos du Cachemire, et le chaos qui y règne pour annoncer la création du wilayat de l’Inde sur son territoire.

Et lorsqu’a commencé le « Printemps arabe », et que les Européens se sont enthousiasmés pour lui, nous avons dit alors que son but était de créer de vastes zones où règne le chaos pour en faire un terreau fertile à la propagation des groupes terroristes, et personne ne nous a alors cru, car ils étaient influencés par la vision de certains auteurs occidentaux qui considéraient ces forces qui contrôlaient le Printemps arabe comme des combattants de la liberté.

Et de fait, l’organisation Daech est apparue et s’est implantée dans la région arabe, avant de viser un grand nombre de villes européennes.

La coopération internationale, et pas seulement entre les pays du Bassin méditerranéen, est devenue une nécessité pour affronter le phénomène du terrorisme et ceux qui le financent, et en particulier dans les domaines suivants :

1) La coopération de renseignements dans le domaine de l’échange d’informations.

2) La coopération sécuritaire et militaire dans le domaine de la poursuite des éléments terroristes dans leurs refuges sûrs qu’ils utilisent en général pour se restructurer.

3) La coopération économique et technique en particulier dans les zones de conflit comme la Libye, le Yémen, ou le Sinaï par le biais d’un large soutien aux forces de l’Etat qui affrontent le terrorisme et ceux qui le financent, par tous les moyens, pour réaliser une victoire finale sur ces éléments terroristes et poursuivre ceux qui les financent à travers le monde.

Je pense que sans ce type de coopération qui est devenu la nécessité du moment, nous sommes face à une bombe qui peut exploser dans tout pays dans le monde et à tout moment.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre attention.

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