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Abdel Rahim Ali
Conseiller éditorial
Roland Jacquard
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Pourquoi l'Égypte des pharaons nous fascine-t-elle autant?

vendredi 06/septembre/2019 - 02:20
La Reference
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Le succès de l'exposition sur Toutânkhamon, qui se tient à la Grande

 

Halle de la Villette à Paris jusqu'au 22 septembre, est à l'image de notre passion pour l'Antiquité égyptienne.

Des statues antiques au cinéma

L'Égypte nous émeut, nous trouble, nous séduit. Cette égyptomanie, ou folie de l'Égypte, ne date pas d'hier. On en perçoit déjà les prémices à Rome, il y a 2.000 ans. Le culte des divinités égyptiennes avait alors conquis l'Empire romain jusque dans ses confins les plus éloignés, comme la Bretagne ou la Germanie.

L'empereur Hadrien (117-138 apr. J.-C.) avait visité la terre des pharaons. Il avait aussi fait représenter Antinoüs, son bel amant mort noyé par accident dans le Nil, sous l'apparence du dieu Osiris.

Mais c'est surtout l'expédition de Bonaparte en Égypte (1798-1801) qui a servi de moteur à l'égyptomanie occidentale. À partir de la fin du XVIIIesiècle, les pharaons sont à la mode: on fabrique des bureaux, des fauteuils, des lampadaires de type égyptien.

Les éléments pharaoniques inspirent les architectes et les sculpteurs, qui réalisent à Paris les sphinx de la place du Châtelet et les chapiteaux du passage du Caire, ornés du visage de l'antique déesse Hathor.

Au même moment, des peintres recréent à leur manière des scènes de la vie au pays des pharaons, comme François-Édouard Picot et Abel de Pujol, auteurs des plafonds du département égyptien du Louvre.

En musique, le goût pharaonique est consacré par Aïda (1870), opéra de Verdi aux somptueuses mises en scène, dont l'histoire a pour cadre l'Égypte antique.

Le cinéma prend le relais au XXe siècle, à travers des superproductions telles que Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1956) ou La Momie de Stephen Sommers (1999).

Rêve d'immortalité

Cette égyptomanie a pour origine plusieurs thèmes, au premier rang desquels le lien étroit entre l'Égypte et la mort. Nous nourrissons une obsession pour les Égyptien·nes qui passaient une grande partie de leur vie à préparer leur décès, en faisant construire le tombeau qui devrait faciliter leur passage dans l'au-delà et leur renaissance.

C'est ainsi que les pharaons de l'Ancien Empire érigèrent les fameuses pyramides, dont la forme lisse ou à degrés symbolisait l'élévation de l'âme vers le ciel –l'édifice était conçu comme une sorte d'escalier ou d'ascenseur céleste.

À ces sépultures colossales s'ajoute la pratique de la momification. Pour que la personne défunte puisse renaître, il fallait que son corps ne soit pas endommagé. C'est pourquoi le peuple égyptien inventé l'art d'embaumer les cadavres pour les conserver.

Le résultat est absolument saisissant: plus de 3.000 ans après sa mort, nous pouvons encore contempler le visage de Ramsès II, avec son nez busqué, son front dégarni et ses cheveux soyeux aux teintes orangées. Il semble nous tendre sa main gauche, légèrement soulevée au-dessus de sa poitrine.

 


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