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Tariq Ramadan face à Jean-Jacques Bourdin: les coulisses de l'interview

samedi 07/septembre/2019 - 01:25
La Reference
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Tariq Ramadan, mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable, publie un livre le 11 septembre. Chose rare pour un mis en cause, il a souhaité s'exprimer lors d'une interview sur BFMTV et RMC.

Il a été remis en liberté il y a près d'un an. Pour la première fois, Tariq Ramadan s'est exprimé publiquement ce vendredi matin sur BFMTV et RMC à l'occasion de la sortie de son livre mercredi prochain, Devoir de vérité. Aux personnes qui se sont entretenues avec lui, l'islamologue a dit être désireux de s'exprimer sur cette affaire qui lui vaut une mise en examen pour "viol" et "viol sur personne vulnérable" sur deux femmes. Quatre autres plaintes ont été déposées contre lui, une en Suisse, une autre aux-Etats-Unis. La dernière a été déposée en mai dernier pour des faits remontant à mai 2014.

Il y a 10 jours, Tariq Ramadan a sollicité le journaliste Jean-Jacques Bourdin pour être reçu dans son émission. "J'avais refusé (une première interview au début de l'affaire, NDLR) en disant que je ne prendrai la parole que devant les juges et la police", a expliqué l'islamologue, qui a opté pour une prise de parole après avoir eu affaire, dit-il, "à un tribunal populaire". Jean-Jacques Bourdin a reconnu avoir eu des doutes avant de proposer cet entretien à Tariq Ramadan: "J'ai hésité (à vous recevoir, NDLR), avant de vous proposer ce vendredi 6 septembre, pourquoi? Parce que vous êtes présumé innocent, votre culpabilité n'a pas été légalement démontrée."

Accompagné de sa femme et sa fille

Tariq Ramadan est actuellement mis en examen pour le viol présumé d'Henda Ayari et celui de Christelle*. Dans le dossier de Mounia, la troisième plaignante, il est placé sous le statut de témoin assisté. Les accusatrices de Tariq Ramadan ont accepté de témoigner dans les médias, certaines à visage caché, de ce qu'elle l'accusent. Aujourd'hui, la justice poursuit ses investigations, comme le démontre ce réquisitoire supplémentaire pris par le parquet au début du mois d'août pour enquêter sur la sixième plainte, celle déposée par une journaliste d'une cinquantaine d'années qui dénonce des faits qui se sont déroulés, selon elle, le 23 mai 2014.

Tariq Ramadan est venu ce vendredi accompagné de sa femme et de sa fille. Elles se sont très peu exprimées depuis le début de l'affaire en octobre 2017. Lors de l'entretien, l'islamologue suisse a d'ailleurs expliqué avoir menti aux enquêteurs sur ses liens avec les femmes qui l'accusent de viol pour se protéger et "pour protéger [sa] famille". Physiquement, l'islamologue se déplace normalement. Une image qui contraste avec celle de l'homme souffrant d'une sclérose en plaques, qui ne se déplaçait plus qu'en déambulateur lors des différents rendez-vous face à la justice lorsqu'il était incarcéré. 

L'islamologue a été remis en liberté au bout de la quatrième demande. A chaque demande, il avait utilisé l'argument d'une santé fragile. Il reconnaît désormais que depuis sa remise en liberté, les crises liées à sa maladie ont diminué. Placé sous contrôle judiciaire qui lui interdit de quitter le territoire, il consacre son quotidien à l'écriture. Chaque semaine, Tariq Ramadan remplit une autre condition de son contrôle judiciaire en allant pointer au commissariat de sa commune.


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