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Donald Trump envoie des renforts en Arabie saoudite, l'Iran est furieux

samedi 21/septembre/2019 - 05:28
La Reference
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L'Iran menace d'un "champ de bataille", après les représailles aux attaques contre des installations pétrolières en Arabie Saoudite.

Les sanctions contre la Banque centrale iranienne seront "les plus sévères jamais imposées au pays", a déclaré Donald Trump vendredi. Les Etats-Unis ont également annoncé l'envoi de renforts militaires dans la région du Golfe après les attaques en Arabie saoudite attribuées à l'Iran,  

"À la demande de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes Unis, le président a approuvé le déploiement de forces américaines, qui seront défensives par nature, et principalement axées sur les forces aériennes et la défense antimissile", a précisé le ministre américain de la Défense, Mark Esper, au risque de faire fulminer l'Iran, dont les Gardiens de la Révolution préviennent ce samedi que tout pays qui attaque la République islamique d'Iran verra son territoire devenir "le principal champ de bataille" du conflit.  

"Quiconque veut que sa terre devienne le principal champ de bataille, allez-y", a réagi le général de division Hossein Salami en conférence de presse à Téhéran, ajoutant : "Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran".  

Rappelant la destruction en juin d'un drone américain par les forces iraniennes, après la saisie par l'Iran d'un pétrolier britannique, Mark Esper a estimé vendredi que les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières en Arabie saoudite "représent(ai)ent une escalade spectaculaire de l'agression iranienne". "C'est une première mesure que nous prenons en réponse à ces attaques", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse. "Nous pensons que ce sera suffisant mais cela ne veut pas dire qu'il ne puisse pas y avoir de déploiement supplémentaire selon la situation". 

Le nombre exact des troupes et le type d'équipement envoyés en renfort n'ont pas encore été décidés, mais il s'agira d'un déploiement "modéré", qui ne se comptera pas en milliers, a noté le chef d'état-major américain, le général Joe Dunford. 

"Des sanctions au plus haut niveau"

Donald Trump a également annoncé, plus tôt, de nouvelles sanctions contre la banque nationale d'Iran. "Ce sont des sanctions au plus haut niveau", a-t-il précisé dans le Bureau ovale. À ses côtés, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a expliqué qu'il s'agissait de cibler "la dernière source de revenus de la Banque centrale d'Iran", déjà sur la liste noire américaine, mais aussi le Fonds national de développement, "c'est-à-dire leur fonds souverain qui sera ainsi coupé" du système bancaire américain. "Cela signifie qu'il n'y aura plus d'argent qui ira aux Gardiens de la révolution", l'armée d'élite du pouvoir iranien, "pour financer le terrorisme", a-t-il assuré. 

Des pans entiers de l'économie iranienne, de son système financier aux exportations de pétrole soumises à un strict embargo, sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis. Mike Pompeo a réaffirmé dans un communiqué que "toutes les preuves désignaient l'Iran, et uniquement l'Iran" comme responsable des attaques en Arabie saoudite. Ryad a montré vendredi pour la première fois à la presse l'étendue des dégâts sur ses installations pétrolières, une "agression sophistiquée dans sa conception et effrontée dans son exécution", selon le secrétaire d'Etat américain. 

Les rebelles Houthis du Yémen, qui avaient revendiqué cette offensive ont annoncé envisager l'arrêt de toutes les attaques contre l'Arabie saoudite dans le cadre d'une initiative de paix destinée à mettre fin à un conflit de cinq ans. Pour le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Abdolnasser Hemmati, ces nouvelles mesures punitives "montrent à quel point" les Américains "n'arrivent pas à trouver de levier contre l'Iran", qui dément avoir conduit ces attaques. 

Donald Trump veut "faire preuve de retenue"

Dans ses prises de parole publiques, parfois contradictoires, Donald Trump s'était montré de moins en moins enclin à des représailles militaires contre l'Iran. "Il n'y a jamais eu de pays plus préparé" que les États-Unis à mener des frappes militaires, a-t-il pourtant prévenu. "Ce serait la solution de facilité pour moi", "frapper 15 sites majeurs en Iran", "cela ne prendrait qu'une minute" et "ce serait une très mauvaise journée pour l'Iran". "Mais ce n'est pas ce que je privilégie, si possible", a-t-il enchaîné. 

Plusieurs "faucons" républicains l'incitent à faire payer Téhéran avec des frappes sur ses installations pétrolières ou militaires, estimant qu'il ferait preuve de faiblesse s'il n'apportait pas une telle réponse. Le milliardaire républicain a au contraire estimé que la meilleure manière "d'afficher la force" des Etats-Unis était de "faire preuve d'un peu de retenue". "La retenue est une bonne chose", a-t-il insisté, assurant avoir fait "changer d'avis à beaucoup de monde" sur le sujet. 

 


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