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Abdel Rahim Ali
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Dr Abdelrahim Ali
Dr Abdelrahim Ali

Qatar... le crime parfait

vendredi 30/mars/2018 - 09:57
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Le Qatar a joué un rôle essentiel dans l’exploitation de ce qu’on a appelé « les révolutions du printemps arabe » pour promouvoir les plans de changement politique dans la région du Moyen-Orient selon la théorie du chaos créateur qui vise à opérer une nouvelle partition des pays de la région en introduisant des modifications fondamentales sur la vieille carte de « Sykes-Picot », et à définir de nouvelles frontières pour établir la carte du « Nouveau Moyen-Orient ».

Ce rôle est apparu clairement en Egypte durant la révolte du 25 janvier 2011, à travers deux événements symboliques importants :

Le premier est la communication téléphonique le soir du 28 janvier 2011 entre le délégué des Frères – alors en prison – Mohamed Morsi Al-Ayyat et la chaîne qatarie Al-Jazîra dès sa fuite de prison, dans laquelle il a déclaré : « Les gens ont libéré 34 membres du groupe des Frères ».

Par cette communication téléphonique directe, Morsi, qui devint par la suite président, donna des informations précises sur sa fuite, et sur le lieu où il se trouvait, à un moment où toutes les lignes de télécommunication étaient définitivement coupées, ce qui peut être interprété comme un message que Morsi a voulu envoyer par le biais de la chaîne qatarie et grâce à son aide aux membres du groupe et à leurs soutiens à l’intérieur et à l’extérieur.

Le second événement, qui n’est pas moins significatif s’agissant du rôle qatari, est l’arrivée de Youssouf Al-Qaradawi au Caire après des années d’interdiction de séjour, en provenance du Qatar dont il a la nationalité à côté de la nationalité égyptienne, et son apparition sur la place Tahrir au milieu de la foule des manifestants, lorsque l’ex-président Mohamed Hosni Moubarak annonça son renoncement au pouvoir le 11 février 2011.

Cette scène d’Al-Qaradawi sur la place Tahrir laissa penser qu’il s’agissait là du début d’une opération de confiscation de la révolte populaire égyptienne par les Frères et avec le soutien du Qatar.

Et le fait est que ce qui n’était qu’une crainte et une hypothèse se transforma en réalité, et les Frères réalisèrent les mois suivants leur rêve d’accéder au Palais présidentiel par l’élection de Mohamed Morsi comme président, après n’avoir ambitionné tout au plus qu’un siège au Parlement.

C’est ainsi que les échos des célébrations par les Frères en Egypte de leur victoire parvinrent à Doha par le biais des médias qataris, soutenus par le Qatar pour appuyer le nouveau régime égyptien.

La libération de Khayrat Al-Chatir

Le 2 mars 2011, tout de suite après la révolution de janvier, Khayrat Al-Chatir et son compagnon de longue date Hassan Malik sortirent de prison suite à une amnistie spéciale signée par le dernier premier ministre du règne de Moubarak, le général Ahmad Chafiq. Khayrat Al-Chatir demanda alors à Hamad Ben Jassim, alors premier ministre du Qatar, d’informer les Etats-Unis que les Frères musulmans respecteraient les Accords de Camp David au cas où ils gouverneraient l’Egypte, soit par le biais du Parlement, soit de la présidence, car la nouvelle constitution n’avait pas encore été rédigée, et l’on ne savait pas si le régime politique serait parlementaire comme le souhaitaient les Frères, ou présidentiel.

Al-Chatir demanda également à Ben Jassim de confirmer à la Maison-Blanche à Washington que les Frères respecteraient tous les traités internationaux, et il sollicita une aide financière que le Qatar accorda au Groupe, par le biais de la Banque islamique du Qatar, et les fonds furent virés sur le compte bancaire de l’’Académie du changement’ dirigée par Hicham Morsi, gendre du Cheikh Youssouf Al-Qaradawi, en mai 2011.

Renvoi de l’ascenseur

Les Frères commencèrent à rembourser leur dette au Qatar quelques mois après l’accession de Mohamed Morsi Al-Ayyat au pouvoir, et le 30 décembre 2012, l’homme des Frères au Palais de l’Ittihadiya, siège du pouvoir en Egypte, commença à soumettre l’économie égyptienne dans sa totalité aux intérêts qataris. C’est ce que révéla par la suite la plainte présentée par la « Coalition de soutien au Fonds Tahya Masr » à Alexandrie, qui demanda au procureur général d’achever rapidement les enquêtes du Bureau technique relatives à la plainte numéro 4210 – appuyée par des documents – qui accuse le président destitué Mohamed Morsi et son premier ministre Hicham Qandîl de préjudices délibérés portés aux intérêts égyptiens, par le biais de transactions suspectes avec l’Etat du Qatar, selon les instructions du Bureau d'orientation du groupe des Frères musulmans.

En effet, la plainte présentée a révélé la mainmise du Qatar, par le biais de ces accords et transactions, sur les investissements dans la zone du Canal de Suez et d’autres zones vitales de l’Egypte. Ainsi que sur les projets relatifs aux usines de fer et d’acier et à nombre de projets d’investissements dans les villes d’Hurghada et de Charm Al-Cheikh. Outre l’accord signé pour la création d’une zone industrielle qatarie, d’une centrale électrique qatarie et d’un village logistique complet à l’est d’Al-Tafrî’a à Port-Saïd. Or, tous ces accords et privilèges avaient pour but de permettre à l’Etat du Qatar de contrôler les capacités de l’économie égyptienne, ce qui est pénalisé par la loi.

La fourniture de renseignements au Qatar

L’affaire ne s’est pas arrêtée là, et en est arrivée à la fourniture de renseignements à des responsables qataris et la remise à ces derniers de dossiers relatifs à la sécurité nationale égyptienne, sur instructions du président déchu Mohamed Morsi Al-Ayyat, ce qui a été révélé après sa destitution et son procès suite à l’accusation de fourniture de renseignements au Qatar. C’est ainsi que les documents de l’affaire numéro 10154 du 6 octobre 2014, enregistrés sous le numéro 3690, sud de Guiza, de l’année 2014, ont révélé que les accusés Alaa Siblane, rédacteur de programmes à la chaîne qatarie Al-Jazîra, et Ibrahîm Hilal, chef du département d’informations à la même chaîne, avaient obtenu des photos et nombre de rapports et de documents provenant des services de renseignements généraux et militaires, des forces armées, du secteur de la sécurité nationale et de l’Organisme de contrôle administratif dans le but de les livrer à une partie étrangère, à savoir les renseignements qataris.

Les informations obtenues par les deux accusés contenaient des données relatives aux forces armées, à leurs lieux de concentration, aux politiques intérieures et extérieures de l’Etat, ainsi qu’aux méthodes d’entraînement et aux types d’armements.

Le procès-verbal des enquêtes relatives à l’affaire connue dans les médias sous le nom d'"affaire de fourniture de renseignements au Qatar’ précise que les accusés Amîne Al-Sayrafî, secrétaire particulier du président déchu Mohamed Morsi Al-Ayyat et sa fille, ainsi qu’Ahmad Abdo Afîfî, tous membres du groupe des Frères, se sont mis d’accord par le biais de conversations privées et de courriers électroniques, avec les accusés Alaa Siblane et Ibrahîm Hilal, en présence de l’ex-premier ministre du Qatar Hamad Ben Jassim et d’un officier des services de renseignements qataris, pour leur livrer les rapports et documents conservés dans des coffres du Palais présidentiel, et ils ont ainsi facilité leur transmission à l’Etat du Qatar, ce qui représente un préjudice à la position militaire, politique, diplomatique et économique de l’Egypte et à ses intérêts nationaux.

Les documents de l’affaire comprenaient également un témoignage du major Tariq Mohamed Sabri, officier responsable des enquêtes au secteur de la sécurité nationale, qui a affirmé qu’après que l’accusé Amine Al-Sayrafi, secrétaire de l’ex-président Mohamed Morsi, eut sorti ces documents du Palais présidentiel, avant son arrestation, il donna procuration par écrit à sa fille pour qu’elle les livre à l’accusé Ahmad Abdo Afîfi et à l’accusé Alaa Siblane, et que ce dernier partit pour remettre aux responsables qataris des copies de ces documents, et qu’il rencontra l’accusé Ibrahîm Hilal et les porta à sa connaissance, et que ce dernier organisa à son tour une rencontre entre l’accusé en fuite Alaa Siblane et l’ex-ministre qatari des Affaires étrangères Hamad Ben Jassim en présence d’un officier des renseignements qataris.

Le témoin indiqua que l’accusé emprisonné Amine Al-Sayrafi demanda à sa femme lors d’une visite, des nouvelles des documents et ce que sa fille en avait fait, et qu’il lui confia – alors qu’elle n’était pas informée de l’affaire – la remise des documents à l’accusé Ahmad Abdo Afîfî et à l’accusé Alaa Siblane, membre des Frères et qui rendait visite régulièrement à Al-Sayrafi à la présidence de la République, indiquant que tous les accusés avaient connaissance de l’accord avec l’officier des renseignements qatari et Mohamed Ben Jassim pour vendre les documents originaux en contrepartie d’un million et demi de dollars.

Parmi les documents du procès figure le compte-rendu des aveux d’un certain nombre d’accusés, parmi lesquels Mohamed Al-Kîlanî, concernant la sortie de ces documents sur ordre du président déchu Mohamed Morsi Al-Ayyat et de membres de l’organisation internationale, et du fait qu’ils les avaient fait sortir du Palais présidentiel lorsqu’ils sentirent venir leur fin le 30 juin 2013.

Le Tribunal a écouté aussi le témoignage de l’ex-directeur du Bureau du président de la République Mostapha Tala’at Al-Chafi’i, mis à la retraite le 21 juin 2013, qui a expliqué la façon dont les documents avaient été rassemblés à l’intérieur du Palais présidentiel, puis envoyés au Qatar. Il a affirmé que le président destitué Mohamed Morsi avait remplacé dès son premier jour au Palais présidentiel un grand nombre d’employés et de fonctionnaires par des membres des Frères musulmans, insistant sur le fait que les documents avaient été sortis 48 heures avant la destitution de Morsi.

L’accueil des Frères par le Qatar

Après la chute du régime des Frères et l’échec des sit-ins de Rabi’a Al-Adawiya et d’Al-Nahda, il ne resta plus pour les cadres des Frères que le Qatar et la Turquie, qui leur ouvrirent les bras après qu’ils eurent été impliqués dans des actes de violence et de terrorisme en Egypte, et ils restèrent là-bas pour exercer leur activité criminelle, excitant les gens contre l’Etat par le biais de leurs plateformes médiatiques en Turquie et au Qatar, ou de congrès et colloques organisés par les cadres de l’organisation internationale dans plusieurs pays européens.

Parmi les noms de cadres des Frères les plus connus réfugiés au Qatar figurent, outre Youssouf Al-Qaradawi, Gamal Abdel Sattar, Issam Talima, Wagdi Ghoneim, Ayman Abdel Ghani, Mohamed Gamal Hechmat membre du Parlement dissous, Ali Khafagui Ahmad Al-Charif, ex-secrétaire de la jeunesse du gouvernorat de Guiza au parti de la Liberté et de la Justice dissous, Walid Charabî porte-parole du mouvement « Juges d'Egypte », Ahmad Mansour, présentateur des programmes à la chaîne qatarie Al-Jazîra, Mamdouh Ismaïl ex-député du Parti salafiste Al-Assala, Dr Mohamed Abdel Maqsoud, le prédicateur salafiste et membre de ‘la coalition de soutien à la légitimité’, et les deux chefs des Gama’a Islamiya Tariq Al-Zumr et Assim Abdel Méguid.

Notons qu'Abdel Méguid est parmi les éléments les plus dangereux ayant fui au Qatar, car sa mission était de terroriser les citoyens durant le règne des Frères, avant de participer au sit-in de Rabi’a Al-Adawiya où il menaça de « brûler l’Egypte si quelqu’un pensait à destituer Morsi ». Il est par ailleurs parmi les personnes les plus recherchées par les services de sécurité, après que le Tribunal pénal de Guiza l’ait condamné à mort, dans l’affaire connue dans les médias sous le nom d’’événements de la mosquée d’Al-Istiqama’. 

Qatar et l’organisation d’Al-Qaïda

Dans le cadre des relations suspectes qui lient le petit Etat du Qatar aux groupes terroristes, il est possible de constater la mobilisation des médias dépendant de l’organisation terroriste d’Al-Qaïda pour défendre le Qatar.

Ainsi, dans le numéro 2017 de la revue hebdomadaire Al-Masra publiée par ‘l’organisation d’al-Qaïda dans la péninsule arabe’, le chef du Groupe libyen combattant et son ex-émir Abdel Hakîm Belhaj a exprimé clairement, après l’annonce par le Quartette arabe Egypte-Arabie Saoudite-Emirats-Bahrein de la rupture des relations avec le Qatar, sa condamnation de la rupture des relations avec ceux qu’il a qualifiés de « loyaux vis-à-vis de leur nation et de ses problèmes », dans une menace de rétorsion voilée d’Al-Qaïda adressée à ceux qui visent Doha, comme s’il s’agissait de la réaction attendue au nom du Qatar.

L’affaire ne s’est pas arrêtée là, et le mufti du Front d’Al-Nousra, branche de l’organisation en Syrie, Abdallah Al-Muhaysini, a exprimé son soutien au Qatar, dans un Hashtag sur le site Twitter, affirmant : « J’affirme même que les peuples musulmans refusent le siège imposé à un peuple musulman et je dis à nos frères du Qatar : il vous suffit  que nous, ici en Syrie, nous entendions les vieillards de Syrie prier Dieu pour vous, car c’est un message à tous ceux qui soutiennent les opprimés, et qui les aident à affronter les épreuves du temps ».

Notons que la relation d’Al-Muhaysini avec le Qatar ne se limite pas à ce soutien déclaré, mais comprend aussi une action médiatique permanente par le biais de la chaîne Al-Jazîra, son poste d’imam de la Mosquée qatarie à la Mecque, outre le fait qu’il soit parti en 2012 s’installer à Doha, et sa participation la même année au second Congrès de la Ligue des oulémas musulmans sous le titre «Prescriptions relatives aux événements politiques ».

Moyens utilisés par le Qatar pour soutenir le terrorisme

Les documents officiels du département du Trésor des Etats-Unis, publiés en octobre 2014, ont révélé que le financement qatari en faveur d’al-Qaïda a lieu par le biais de certains de ses hommes, comme Salîm Hassan  Khalîfa Râchid Al-Kawârî, surnommé « le bailleur de fonds d’al-Qaïda », et accusé d’avoir « transféré des centaines de milliers de dollars à l’organisation d’Al-Qaïda, outre le soutien financier indirect par le biais des fonds envoyés par le Qatar à l’organisation sous couvert de « rançon » pour libérer les otages.

Le Qatar soutient aussi Al-Qaïda au niveau médiatique par le biais de la chaîne al-Jazîra, en publiant ses communiqués et thèmes médiatiques, et en diffusant tous les entretiens et messages des chefs de l’organisation, et à leur tête son chef actuel Ayman Al-Zawahirî, outre les débats avec les dirigeants des organisations qui en dépendent et leurs symboles, comme Abou Mohammad al-Jûlânî, chef du front d’Al-Nousra, aile d’Al-Qaïda en Syrie, et Abdallah Al-Muhaysini, législateur du Front d’Al-Nousra, qui a été invité en novembre 2016, après son apparition dans un enregistrement vidéo où il bénit un homme qui se prépare à accomplir une opération suicide.

A côté des opérations de financement et des programmes d’aide médiatique, le Qatar a abrité sur son territoire de nombreux éléments et chefs de l’organisation.

Ainsi, selon Khâlid Cheikh Mohammad, cerveau des attaques du 11 septembre, et ce qu’ont révélé les documents d’About Abad appartenant à Oussama Ben Laden, et qui ont été saisis lors de l’attaque contre son siège au Pakistan, Khâlid Cheikh Mohamed s’est caché pendant une année complète dans la maison du ministre qatari de l’Intérieur, l’émir Abdallah ben Khâlid ben Hamad Al-Thânî, avant que ne parviennent des informations sur la présence d’une équipe américaine cherchant à l’arrêter, ce qui précipita sa sortie de Doha avec un passeport diplomatique pour se rendre au Pakistan où il fut arrêté.

Parmi les dossiers les plus importants montrant le soutien de Doha aux groupes terroristes, figure celui qui est relatif à deux personnalités officielles qataries connues pour être parmi les bailleurs de fonds les plus importants de l’organisation d’Al-Qaïda, et qui ont été inscrites – selon David Cohen, sous-secrétaire américain au Trésor en charge de la lutte contre le terrorisme et des renseignements financiers – sur la liste noire du terrorisme international.

Malgré cela, les deux Qataris Khalîfa Mohammad Turk Al-Sibâ’î, employé à la Banque Centrale du Qatar, et ‘Abdel Rahmân Ibn ‘Omar an-Na’îmî, conseiller du gouvernement qatari – et en relation étroite avec la famille régnante – se déplacent librement à Doha. Et selon la même source, an-Na’îmî a envoyé la somme de 600000 dollars à Abou Khâlid Al-Sûrî, délégué d’Ayman Al-Zawahiri en Syrie, et c’est lui qui finançait l’organisation d’al-Qaeda depuis 2003.

Les deux Qataris Sâlim Hassan Kawârî et Abdallah Ghânim Khawâr arrivent également en tête de la liste noire américaine des principaux bailleurs de fonds du terrorisme et Washington les accuse de diriger les plus importants réseaux de financement d’al-Qaeda au Moyen-Orient et en Asie du sud (Irak, Afghanistan et Pakistan), selon le rapport de l’année 2011 du Département du Trésor américain. 

Et en 2007, Khalîfa Mohammad Turki as-Sabî’î, « le fonctionnaire le plus éminent de l’Etat qatari », a été inscrit sur la liste de « financement du terrorisme ». Et l’on trouve dans le rapport de la Commission nationale sur les attaques du 11 septembre une allusion au rôle de certaines organisations qataries comme « l’association caritative qatarie » dans le financement de l’organisation d’Ossama ben Laden, al-Qaeda, depuis le début des années 90. Et de même au rôle de l’émir Abdallah ben Khâlid ben Hamas al-Thânî dans l’hébergement, le soutien et la protection de Khâlid ach-Cheikh Mohammad, l’un des principaux planificateurs des attaques du 11 septembre.

 

Le financement des achats d’armes par Daech

Des études nombreuses ont abordé les aides financières fournies par le Qatar à l’organisation terroriste Daech pour payer la valeur des armes qu’elle achète pour réaliser ses opérations terroristes, outre les facilités logistiques offertes par la Turquie pour transporter les cargaisons de ces armes jusqu’aux régions embrasées par les conflits au Moyen-Orient, durant les deux dernières années.

A ce propos, le fondateur du site WikiLeaks Julian Assange a affirmé : « Nous sommes tombés sur une lettre écrite par Hillary Clinton au directeur de sa campagne présidentielle John Podesta au début de 2014 – soit peu après qu’elle ait abandonné son poste de secrétaire d’Etat – dans laquelle elle révèle que Washington était au courant du financement de l’organisation terroriste Daech (Etat islamique) par le gouvernement du Qatar et un autre Etat ».

Et Assange a considéré dans un entretien exclusif avec la chaîne russe d’informations RT que cette lettre est plus importante que toutes les fuites (médiatiques) précédentes car elle réfute les allégations trompeuses du gouvernement qatari qui n’attribue les cas de soutien financier qu’à certains princes qataris excentriques.

Les documents de WikiLeaks ont également révélé que Hamad ben Jâssim ministre qatari des Affaires étrangères soutient le terrorisme en Egypte par le biais de la chaîne al-Jazîra pour réaliser des buts politiques face aux pays arabes, et une rencontre a eu lieu entre lui et cette chaîne pour provoquer des troubles en Egypte.

Les fuites ont aussi affirmé que le Qatar avait acheté des dispositifs d’espionnage de haute précision pour surveiller les sites de médias sociaux pour une valeur de 638 millions d’euros, dans le but d’arrêter tous ceux qui publient des informations hostiles au gouvernement qatari.

S’agissant du soutien du terrorisme en Syrie, la chaîne américaine CNN a publié une vidéo sur le financement du terrorisme par le Qatar, ce dernier ayant utilisé la chaîne al-Jazîra comme instrument pour réaliser des gains diplomatiques, et ayant discuté de l’assassinat de Bachar al-Assad avec l’aide de divers acteurs. Le rapport a ajouté que le Qatar envoie des fonds à l’organisation Daech et qu’il est le seul Etat qui a des liens avec le mouvement des Talibans et le financement de la base américaine qui se trouve là-bas.

Le Qatar et son soutien officiel au mouvement des Talibans

En 2013, 13 ans après la guerre contre les Talibans, le mouvement, considéré comme terroriste par les organisations internationales, a ouvert un bureau à Doha avec l’accord des Américains, en tant que première étape pour faciliter le processus de négociation et la reconnaissance du mouvement, mais il fut contraint de le fermer au bout d’un mois, parce que Hamid Karzaï s’est opposé à cette décision et que le mouvement des Talibans avait hissé son drapeau sur le bâtiment avec une pancarte où était écrit : « ambassade de l’émirat islamique d’Afghanistan ».

Le gouvernement américain demanda alors au mouvement des Talibans de retirer cette pancarte et de descendre son drapeau, mais il refusa catégoriquement, en affirmant que la pancarte et le drapeau faisaient partie de l’accord signé avec le gouvernement qatari et qu’il le respecterait. Mais le bureau (l’ambassade) fut fermé en juillet 2013, deux mois après son inauguration lors d’une cérémonie officielle à laquelle assistaient le ministre qatari des Affaires étrangères, qui était alors Cheikh Hamad ben Jâssim Al Thânî, et des ambassadeurs et diplomates accrédités.

Tout cela a poussé l’agence américaine Associated Press à affirmer que la crise politique que traverse le Qatar résulte des accusations que lui adressent ses voisins de soutenir le terrorisme, accusations que le Qatar rejette. Cependant, ses relations avec l’Iran et son soutien à nombre de groupes islamistes suffisent à affirmer qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Les exemples qui précèdent ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan du financement qatari des groupes terroristes et si le monde croit vraiment à la nécessité d’assécher les sources du terrorisme, il doit d’abord faire face au financement qatari, sinon toutes les réprobations et les initiatives de lutte contre le terrorisme ne seront que de la poudre aux yeux.

 

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