Rédacteur en chef
Abdel Rahim Ali
Comité des experts conseillers
Roland Jacquard - Richard Labévière - Atmane Tazaghart - Ian Hamel
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L'Essentiel dans un entretien avec Abdelrahim Ali, directeur général du Centre des études du Moyen-Orient

mardi 02/octobre/2018 - 09:17
La Reference
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Abdelrahim Ali a fondé le Centre des Etudes du Moyen-Orient (CEMO), et en est le principal animateur. Engagé de longue date dans la lutte contre l'islam radical, il est présent à chacune des conférences que donne en Europe le CEMO. Nous l'avons rencontré à Paris.

 

Propos recueillis par Clément Airault

 

L'Essentiel des relations internationales : Monsieur Abdelrahim Ali, qu'est-ce qui vous a poussé à créer le CEMO?

Abdelrahim Ali : En Egypte ou dans le reste du monde arabe, nous parlons entre nous en langue arabe, en permanence. Il n'existait pas d'interactivité entre les démocrates du monde arabe et ceux de l'OCcident. Parallèlement, les Frères musulmans et les extrémistes réussissaient à s'ouvrir vers l'Occident.

A ce moment, ils gagnaient des points car ils pouvaient s'infiltrer, tandis que nous restions assis à ne rien faire.

Mon objectif avec le CEMO était de créer un nouveau moyen de communiquer entre Orient et Occident. Il était nécessaire que nous venions ici, en France, pour nous faire entendre et pour permettre à des personnes ouvertes à notre expérience de participer au débat, tels Roland Jacquard, Richard Labévière, Ian Hamel, Atmane Tazaghart, etc. Il était important de leur faire comprendre notre point de vue.

 

Et ce point de vue, quel est-il?

Abdelrahim Ali : Notre point de vue c'est qie l'islam n'est pas les Frères musulmans, et que les Frères musulmans ne montrent que le mauvaus côté de la pensée islamique, et non de l'islam. Cette pensée n'exprime pas le resenti de la plupart des musulmans. Nous respectons la liberté d'expression. Nous respectons la femme. Nous croyons à la démocratie et à la transmission du pouvoir de manière pacifique. Et nous respectons l'art. Nous sommes très attachés à l'échange culturel entre les civilisations.Rappelez-vous ce qui s'est passé dans les siècles précédents. LA civilisation arave et les grands philosophes entretenaient des liens étroits avec l'Occident. A l'opposé, les Frères musulmans considèrent que la civilisation occidentale est le diable et qu'il faut qu'elle soit récupérée par la civilisation islamique.

 

N'avez-vous pas l'impression que les Frères musulmans sont affaiblis de nos jours?

Abdelrahim Ali : Peut-être est-ce vrai chez nous, au Moyen-Orient, en Egypte, en Arabie Saoudite ou aux Emirats arabes unis. Mais ils se sont renforcés en Occident. Ils sont forts et sont à la base de 500 organisations en Europe, via l'Union des organisations islamiques.

En France, on compte 250. Les Frères musulmans disposent de 10 milliards de dollars de fonds. Et au niveau intellectuel, ils ont la mainmise sur des centaines de mosquées en France. Ils mobilisent tous les jours des centaines de jeunes. Ils leur inculpent la haine de la civilisation occidentale, et cela nous nuit en Orient.

 

Etait-ce l'objet de votre livre* que d'informer les Occidentaux sur le danger que représentent les Frères musulmans?

Abdelrahim Ali : Tout à fait. Il faut que l'opinion occidentale connaisse la vérité sur les Frères musulmans et sur l'islam, qui sont deux choses très différentes, distinctes.

 

Pensez-vous que l'organisation des Frères musulmans soit en mutation aujourd'hui?

Abdelrahim Ali : Elle mute tout le temps, selon la situation politique et selon les pressions qui sont exercées sur elle. Je vous cite un exemple : Le 29 janvier 2017, lorsque Donald Trump a accédé au pouvoir et a dit qu'il fallait bannir les Frères musulmans, l'Union des organisations islamiques en Europe s'est réunie en Turquie, à Istanbul, et ses organisations ont précisé qu'elles allaient se retirer de l'organisation des Frères musulmans. Personne n'avait connaissance de cette appartenance aux Frères musulmans avant ce moment. C'est la preuve que les Frères musulmans avancent masqués.

 

Qui finance les Frères musulmans?

Abdelrahim Ali : La Qatar et la Turquie entre autres, les financent. Il y a également un grand nombre de sociétés qui ont été établies ici, en Occident, par les Frères musulmans. Ce sont des sociétés offshore qui, la plupart du temps, ne paient pas d'impôts. Chaque jour, des millions de dollars sont investis. Selons les renseignements français, Daech disposerait de 3 milliards de dollars. Vous imaginez ce qu'il peut en être des Frères musulmans? Je pense qu'il faut au moins multiplier ce chiffre par 30. Et avec cette somme, les Frères musulmans représentent un danger pour l'Europe.

 

Vous avez récemment été invité à participer à une conférence au Parlement français par Marine Le Pen. Certains observateurs vous accusent d'antisémitisme. Que leur répondriez-vous?

Abdelrahim Ali : Une seule personne m'accuse d'antisémitisme. Il s'agit d'un fiché "S" qui est devenu, du jour au lendemain, une référence en islamologie en France. Je dénonce l'antisémitisme, moi qui appartient au Parlement égyptien, le même qui a ratifié du temps du Président Sadate le traité de paix avec Israël.

 

 

Bio Express

 

L'islamologue égyptien Abdelrahim Ali est le directeur-fondateur du CEMO. Il est également président du CEntre arabe des recherches et des études du Caire, et rédacteur en chef du quotidien égyptien Al Bawaba.

Ce spécialistede l'islam politique est l'auteur de très nombreux ouvrages consacrés aux mouvements islamistes radicaux. Farouchement opposé aux Frères musulmans, il fut l'un des acteurs de la révolution de juin 2013 ayant abouti à la chute de leur régime.

Partisan d'un islam moderne, respectueux des femmes, Adbelrahim Ali est également engagé en politique. Proche du président Al-Sissi, il a été élu député de l'Assemblée nationale égyptienne. Il est régulièrement convié lors de conférences et colloques traitant du financement du terrorisme ou de l'idéologie islamiste. Récemment, il a été invité à l'Assemblée nationale française et au Parlement européen.

 

 

CEMO : Un pont entre Orient et Occident

 

Le Centre des Etudes du Moyen-Orient (CEMO), dont l'actuel directeur exécutif est le journaliste et écrivain Ahmed Youssef, a été fondé en 2017 par Abdelrahim Ali.

Se voulant indépendant, cet organisme "a pour objectif" de porter, dans toutes les langues, le message de paix d'un pays qui fut le berceau d'une des civilisations  les plus prestigieuses de l'Histoire mondiale". Le CEMO a pour but d'informer l'Occident sur mes dangers de l'islamisme, et de favoriser les échanges entre civilisations.

Depuis sa création, le CEMO a organisé de multiples colloques et séminaires. Des personnalités expertes dans le domaine de la recherche sur l'idéologie politique y participent régulièrement, tels Roland Jacquard,Richard Labévière, Ian Hamel, etc.

Ces mêmes personnalités ont pris part à la rédaction des permières publications du CEMO. En mai dernier, le CEntre a publié son premier "cahier" sur "Les dangers de la pensée des Frères musulmans sur les valeurs occidentales", ainsi qu'une revue traitant des mouvements islamistes, La Référence, publiée en français, allemand, anglais et arabe.

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